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	<title>e-deo &#187; Le Portail des Royaumes</title>
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	<pubDate>Sat, 22 Nov 2008 00:43:07 +0000</pubDate>
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		<title>Epilogue</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Oct 2008 09:43:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isabelle</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Le Portail des Royaumes]]></category>

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		<description><![CDATA[Juin 1914
La fête battait son plein. Les elfes tenaient à peine debout, grisés par le vin et les chants. Jamais le prince Ninraeth n’avait aussi peu mérité son nom ; sa mélancolie avait laissé place à la joyeuse exubérance que partageaient tous les convives. Les plats succédaient aux plats… Elle regardait de loin les lumières du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Juin 1914</p>
<p>La fête battait son plein. Les elfes tenaient à peine debout, grisés par le vin et les chants. Jamais le prince Ninraeth n’avait aussi peu mérité son nom ; sa mélancolie avait laissé place à la joyeuse exubérance que partageaient tous les convives. Les plats succédaient aux plats… Elle regardait de loin les lumières du palais, perché dans les arbres. L’eau de l’étang était sombre, si sombre en dessous, et les fresques du plafond de bois étaient noyées dans l’ombre. Les notes d’une harpe résonnèrent au dessus des rires et des couverts qui s’entrechoquent. Elle écouta avec effarement les bruits de la fête. Et soudain, affolée, elle entendit la voix d’un enfant qui pleurait.<br />
&#8220;Tinou, mon Tinou… je ne peux pas le laisser là !&#8221;<br />
Elle s’appuya contre un tronc, chancelante. Mais que faisait-elle ? Quelle vent de l&#8217;enfer la poussait ? Elle devait remonter, prendre son enfant, comment pouvait-elle l’abandonner ?<br />
Elle fit quelques pas, se détachant de l’arbre qui la soutenait. Remonter dans la grande salle, risquer d’y croiser le regard de son mari ? Non, elle ne pouvait pas. Il saurait. Il devinerait. Elle était déjà assez chanceuse d’être parvenue à lui dissimuler pendant des mois sa trahison. Il lui demanderait ce qu’elle faisait là, au milieu du banquet, vêtue comme une humaine… Vêtue comme jamais on ne l’avait vu ici… Comme elle n’avait plus été depuis son mariage. Elle recula, effarée, affolée. Non, elle ne pouvait pas rester plus longtemps, elle ne pouvait pas s’attarder. Que dirait-il, lui qui l’attendait ? Que dirait-il si elle ne venait pas au rendez-vous ? Elle avait promis de fuir ce soir !<br />
Fuir ! Mais fuir quoi ? Fuir qui ? Ninraeth ? Ninraeth et son sourire, Ninraeth et sa voix si douce quand il lui parlait, Ninraeth et la tendre ironie derrière laquelle il cachait ses sentiments… Non !<br />
Non, elle ne pouvait pas faire ça. Partir ? Mais pour qui ? Pour lui ? Mais qu’avait-il de spécial lui, qui puisse faire de lui un être aussi extraordinaire que Ninraeth ? Lui n’était pas prince, lui n’était pas elfe…<br />
Oui mais il était simple, il était un homme… Il y aurait des aventures avec lui, à commencer par cette folle fuite pour échapper aux poursuites des elfes furieux… Oui mais ils auraient le monde entier, grâce à ce qu’elle emportait… Toutes les aventures dont elle avait rêvées au Royaume s’étaient soldées par une longue routine, la routine joyeuse qui sied aux gens fatigués de vivre, mais à elle il fallait le mouvement, le changement… Ici rien de tel, les gens du Royaume se complaisaient dans l’immuabilité de toutes choses… Non, elle ne supportait plus cette angoisse et ce sentiment d’enfermement dont elle souffrait tant. Elle voulait sortir, respirer le grand air enfin, elle voulait vivre, non pas la vie éternelle, sempiternelle et infinissable des elfes… La vie courte et mortelle, mais vivante, des hommes ! Elle aimait la musique, mais pas les chants des elfes. Elle aimait la musique qui bouge, et qui fait bouger tout autour de nous. Elle aimait les arbres, mais les arbres qui poussent et qui meurent, puisqu’il fallait mourir pour avoir vécu ! Elle en avait assez de rêves et de légendes. Elle voulait de l’action.<br />
Elle serra les poings et les dents. Il fallait qu’elle parte, qu’elle parte maintenant puisque le plan était fixé. Il fallait qu’elle le quitte, et tant pis pour l’avenir, et tant pis si elle amenait sur sa tête le destin.<br />
Et tant pis pour Tinou dans son berceau. Il se passerait de mère.<br />
Tant pis aussi pour le prince.<br />
Elle courait maintenant entre les arbres, foulant du pied les feuilles mortes. Elle courait et pleurait à la fois.<br />
Comme dans un rêve, ou plutôt un triste cauchemar, elle se retourna vers les ombres de la forêt en arrivant à la lisière. Déjà les bois se refermaient sinistrement derrière elle, et elle sut que jamais, jamais plus elle ne pourrait revenir au Royaume. Dans la pénombre des arbres elle crut distinguer une forme pâle. Un homme semblait l’observer sous le couvert de ramures. Elle plissa des yeux : non, il n’y avait rien. Plus rien. La forêt s’était refermée pour toujours. Elle tomba accroupie, le visage dans les mains. Elle ne savait plus si elle devait se réjouir ou pleurer.<br />
&#8220;Pardon, pardon…&#8221;<br />
Elle se redressa enfin, rassérénée, et se tournant vers les bois sombres, elle prononça à haute voix comme s’adressant au prince resté à l’intérieur… comme s’adressant au Royaume même qu’elle quittait définitivement, sans espoir de retour possible…<br />
&#8220;Je tiens à ce que tu le saches quand même… Mais je n’aime que toi, je t’aime…<br />
Et je t’aimerais toute ma vie.&#8221;</p>
<p>Dessous l’ombre des frondaisons le Sage la vit s’éloigner dans le brouillard. Pensivement il regarda vers le monde. Avait-il bien fait de ne pas la retenir ? Que résulterait-il de leur choix ? Etait-il juste de courir le risque du mal pour atteindre un bien plus grand ?</p>
<p>                                                                         à Lille, le 20 octobre 2008</p>
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		<title>Chapitre 52 - L&#8217;au-revoir</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Oct 2008 20:52:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isabelle</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Le Portail des Royaumes]]></category>

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		<description><![CDATA[Et la parole revient à madame Sano…
Je n&#8217;étais jamais venue jusque là. J&#8217;aurais dû. Après tout, n&#8217;était-ce pas par son enterrement que tout avait commencé ? Mais qu&#8217;étais-je venue chercher dans ce cimetière aujourd&#8217;hui ? Avais-je encore l&#8217;espoir de le revoir ?
Il n&#8217;y avait pas de printemps cette année ; nous étions passé directement de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Et la parole revient à madame Sano…</em></p>
<p>Je n&#8217;étais jamais venue jusque là. J&#8217;aurais dû. Après tout, n&#8217;était-ce pas par son enterrement que tout avait commencé ? Mais qu&#8217;étais-je venue chercher dans ce cimetière aujourd&#8217;hui ? Avais-je encore l&#8217;espoir de le revoir ?<br />
Il n&#8217;y avait pas de printemps cette année ; nous étions passé directement de l&#8217;hiver à l&#8217;été, et le soleil jouait avec les branches de l&#8217;arbre à côté. Bizarrement j&#8217;étais indifférente à la tombe devant moi. Je m&#8217;en étais longtemps voulue, de ne pas avoir été là&#8230;<br />
Un sixième sens m&#8217;avertit que je n&#8217;étais plus seule. Un rapide coup d&#8217;oeil derrière, je suis fixée. Tinnù est là.<br />
- Que fais-tu là ?<br />
- Comme vous, il me semble. Tout le monde devrait se rendre au cimetière, par une matinée si belle !<br />
- Je me promenais&#8230;<br />
Il s&#8217;approcha de moi et indiqua du menton la tombe.<br />
- Quelqu&#8217;un que vous connaissez ?<br />
- Quelqu&#8217;un que je connaissais.<br />
- Et bien, on a le droit d&#8217;avoir les mêmes amis !<br />
- Très drôle.<br />
- Vous n&#8217;attendiez personne ?<br />
- Si, un prince elfe&#8230;Enfin il doit tout de même être adulte à présent. Et roi.<br />
- Vous attendez un prince elfe ! Rien que ça ?<br />
Il sifflota entre ses dents, regarda le ciel, l&#8217;arbre, la tombe.<br />
- Bon, et bien je ne veux pas vous déranger plus longtemps&#8230;<br />
- Attends ! Je m&#8217;en vais aussi.<br />
Je l&#8217;ai rejoint dans l&#8217;allée. Il me laissa le rattraper.<br />
- Que vouliez-vous dire, par prince elfe ?<br />
- Oh, une vieille histoire. Parfois je crois l&#8217;avoir rêvée. J&#8217;ai rencontré un gamin, dans ces rues, il y a bien quinze ans de ça. Il portait une casquette rouge et j&#8217;étais perdue&#8230;<br />
- Avez-vous retrouvé votre chemin maintenant ?<br />
- Oui, je te remercie ! Seulement&#8230; j&#8217;aurai aimé le revoir&#8230;<br />
- Le revoir ! Mais auriez-vous seulement su le reconnaître ? Il doit avoir changé !<br />
- Sûrement. Tout ça est tellement loin de toute façon !<br />
- Moi, si j&#8217;avais rencontré un elfe, je ferai tout mon possible pour le retrouver !<br />
- A la réflexion, ce ne devait pas être un elfe&#8230;J&#8217;étais sur un mauvaise pente à l&#8217;époque, je devais être folle. C&#8217;est ce qu&#8217;on m&#8217;a dit après. Tu sais, j&#8217;ai même été soignée pour ça !<br />
- Comment pouvez-vous chercher quelqu&#8217;un si vous ne croyez pas en son existence ?<br />
- Je crois en son existence ! Mais à l&#8217;heure qu&#8217;il est, il m&#8217;a sans doute oublié. Il doit travailler&#8230; sans doute a t-il déjà une famille. Il est à cent lieues de moi, de toute façon !<br />
- Regardez-moi, madame.<br />
Il s&#8217;était arrêté et me tenait le poignet. Je le regardais, surprise : que me voulait-il ? Quelle mouche l&#8217;avait piqué ? Mais son visage gardait un sérieux qu&#8217;on lui connaissait rarement. Ce n&#8217;était plus le Tinnù de tous les jours. Le soleil l&#8217;illuminait et pourtant il ne clignait pas de ses yeux habituellement sombres, mais qui paraissaient plus clair. Et je me rendis compte alors qu&#8217;ils n&#8217;étaient pas marron foncé, comme je l&#8217;avais toujours cru, mais d&#8217;un bleu sombre qui ne se révélait qu&#8217;à la lumière du soleil. Ses yeux, je le voyais enfin, n&#8217;étaient pas, ne pouvaient pas être humain. Il eut un sourire qui lui allait mieux que le sérieux.<br />
- Je vous ai observée tant d&#8217;années&#8230;Et vous n&#8217;avez pas su me voir. J&#8217;ai pu constater que vous aviez bien retrouvé le chemin depuis si longtemps perdu&#8230; Vous vouliez me revoir, et bien, voilà qui est fait. Maintenant je m&#8217;en vais&#8230; Il est temps pour moi de retrouver les miens. Au revoir madame. Ne craignez pas pour l&#8217;avenir, un jour votre Roy s&#8217;avancera au milieu des ruines pleines de poussières et posera sur son front la couronne de sa charge&#8230; J&#8217;ignore si vous serez là alors pour le voir. Que ma pensée vous accompagne madame, et qu&#8217;une étoile brille sur votre route maintenant et jusqu&#8217;à la fin de votre voyage.</p>
<p>Il m&#8217;a lâchée et s&#8217;est éloigné de moi, traversant la chaussée à reculons, sans regarder.</p>
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		<title>Chapitre 51 - L&#8217;Enfant-Roy</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Sep 2008 08:27:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isabelle</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Le Portail des Royaumes]]></category>

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		<description><![CDATA[Il était accompagné, non de son armée, mais d’une dizaine d’enfants, et derrière lui marchaient une foule de grands seigneurs, lumineux comme des étoiles et leurs visages étaient emprunts de bonté. Ils souriaient en voyant les gens se prosterner sur leur passage. C’est alors que les compagnons virent enfin ce Roi dont ils avaient tant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il était accompagné, non de son armée, mais d’une dizaine d’enfants, et derrière lui marchaient une foule de grands seigneurs, lumineux comme des étoiles et leurs visages étaient emprunts de bonté. Ils souriaient en voyant les gens se prosterner sur leur passage. C’est alors que les compagnons virent enfin ce Roi dont ils avaient tant entendu parler. Et voilà que ce n’était qu’un enfant, qui ne paraissait pas plus de douze ans ! Il ne portait qu’une simple tunique blanche, sans couronne et sans atours. Tous furent surpris, mis à part Tinnù. Madame Sano s’agenouilla devant lui, et, le front baissé, lui tendit le Joyau. Alors le petit Roi sourit, et le leva au dessus de sa tête, et ce fut comme si un éclair blanc avait frappé le château. </p>
<p>Et l’on sut que le Grand Combat était enfin achevé, et l’on chanta, et l’on dansa. Les hommes de pierres perdirent leurs tristes mines et se trouvèrent comme transfigurés. L’armée lumineuse leur apporta de beaux habits, et alors on vit qu’ils n’étaient pas différents des riches seigneurs qui accompagnaient le petit Roi. Et tous se dirigèrent vers le village, dans l’objectif clairement avoué de festoyer autant que faire se pouvait, le petit Roi en tête.<br />
Les compagnons se dispersèrent au grès des rencontres : car chacun voulait maintenant se les arracher, pour leur poser mille questions. Ils arrivèrent au village de pierre, et bientôt mille bougies brillaient dans le clair matin, et tous les cœurs étaient contents.<br />
Il n’y avait qu’une femme, qui errait dans le soir et demandait :<br />
- Où est mon fils ? Avez-vous vu mon fils ?<br />
Elle avait l’air jeune, mais ses cheveux étaient d’argent, et sans cesse elle répétait :<br />
- Quelqu’un sait il où est mon fils ?<br />
- Qui est votre fils, madame ? A quoi ressemble t-il ? demanda Daniel, à qui la femme s’adressait.<br />
- Il était votre chef… Il devrait être là, je l’ai attendu depuis le début de la bataille !<br />
Daniel resta sans voix un instant Se pouvait-il que ?</p>
<p>- Je t’assure… La femme, là bas… elle jure que son fils est Tinnù !<br />
- C’était une des femmes de pierre, non ?<br />
- Oui, mais je ne me rappelle pas l’avoir vue au village…<br />
- C’était peut-être elle, dans la maison fermée, qui se faisait apporter de la nourriture et vivait en recluse !<br />
Bientôt, Daniel avait rassemblé les Rhandiri au cœur de la fête, et ils suivaient la femme.<br />
- Elle a raison… Où est resté Tinnù ?<br />
- La dernière fois que vous l’avez vu, c’était à quel endroit ?<br />
- Et bien… Au château… Oh, je ne sais plus bien, tout est devenu si confus !<br />
- Il est peut-être resté là bas. Qui sait, après ce qu’il a vécu…<br />
La sage Blandine amena tout le monde à sa raison, et ils décidèrent d’accompagner la femme au château. Si vraiment elle était la mère de Tinnù, la fameuse disparue, on verrait bien.<br />
Tout était désert et silencieux. Ils n’éprouvèrent aucune difficulté à retrouver le château, dont la porte était restée grande ouverte. Ils franchirent le pont-levis tous les huit, la femme entre eux.<br />
Seul, assis dans la cour, portant sur le visage la même expression que lorsqu’il avait laissé échapper le Joyau, là était Tinnù Les compagnons s’arrêtèrent en voyant qu’il pleurait, mais la femme continua et s’agenouilla en face de lui.<br />
- Laissez-les donc. Je pense qu’ils ont beaucoup à se dire…<br />
L’enfant Roi les avait suivis. Ils quittèrent le château à sa suite, et marchèrent en silence pendant un temps.<br />
- Nous retournons au village ?<br />
- Non, pas maintenant. Mais après tout, je ne vous ai pas demandé de me suivre ?<br />
Ils se jetèrent un regard perplexe, mais continuèrent. Ils parvinrent ainsi à la clairière dans laquelle la bataille avait manqué connaître un dénouement tragique. L’enfant Roi s’assit sur un tronc. Autour d’eux, il découvrirent qu’une dizaine de souches semblaient disposées là justement à leur intention. Ils s’assirent également.<br />
- Euh… Sire ? demanda Mathilde. Est-ce que Tinnù sera puni ?<br />
- Puni pourquoi ?<br />
- Eh bien… Il a échoué, n’est ce pas ? Il a refusé de rendre le Joyau ?<br />
- Et vous ? Auriez-vous pu ? Et quel conseil lui avez-vous donné ? Il n’y avait personne parmi vous qui eût pu résister à cette épreuve. Personne.<br />
- Mais alors, pourquoi nous avoir confié cette tâche, cette mission impossible ?<br />
- Parce que si vous n’essayiez pas, personne ne pourrait jamais essayer, et par conséquent tout aurait très mal fini. Je ne peux pas régler seul les affaires de ce monde. J’ai besoin de vous, pour cela.<br />
- Vous réglez les affaires du monde, mais euh…<br />
- Je ne suis qu’un enfant ? C’est cela qui vous étonne ?<br />
Il sourit, sentant peser sur lui les regards ardents des jeunes pèlerins.<br />
- Roi, je le suis, depuis longtemps selon vos critères. Mais croyez moi, mon règne ne fait que commencer. N’est ce pas normal dès lors, que je ne sois qu’un enfant ? Et puis entre nous… N’avez-vous pas remarqué que ce qu’un enfant peut accomplir est bien au-delà de ce que les adultes font ? Aucun de vous n’a plus de vingt ans, et pourtant à vous tous, vous avez permis à votre monde d’entrer dans le nouvel âge sous de bons auspices.<br />
- Nous n’avons pas réussi seuls. D’ailleurs, j’ai souvent pensé…<br />
- A quoi pensais-tu, Yo-yo ?<br />
- Que nous n’étions pas bien extraordinaires… Grégoire n’est qu’un BG qui se la ramène tout le temps, madame je-sais-tout Blandine et Sébastien, ce skin, passaient leur temps à se chamailler… Mathilde, la fifille, sortirait bien avec Daniel, lequel est un grand gamin qui ne pense qu’à faire des jeux de mots stupides, et a peur de sortir de sa cité… Christian a toujours l’air de faire la gueule, on ne l’entend jamais, et Claire agace souvent tout le monde à vouloir nous materner… Quant à Tinnù, vous savez qu’il est d’un orgueil monstre, il se la raconte pas mal ! Et moi…<br />
- Toi, tu es le pire ! annonça Daniel.<br />
- Ouais… Le petit bébé toujours fatigué…<br />
- Qui fait un caprice pour avoir une bière !<br />
- Et tu nous casses les pieds, à toujours te dévaloriser, pour qu’on te dise que tu n’es pas si nul que ça !<br />
Le Roi ne disait rien, mais les écoutait, amusé.<br />
- En bref, on est extraordinairement ordinaires.<br />
Ainsi concluait Grégoire, d’un ton désespéré.</p>
<p>Sur ces entrefaites relativement comiques survint Tinnù, l’air plus désolé que jamais. Son arrivée, à sa grande surprise, déclencha l’hilarité générale.<br />
- Et voici le grand vainqueur du tournoi !<br />
- Yo, Greg, il a pas l’air faraud le vainqueur !<br />
Le vainqueur, lui, venait de repérer le Roi, toujours assis sur son tronc. Il resta à dix pas de lui, silencieux, la tête baissée, mais il ne pouvait s’empêcher de jeter des regards curieux en coulisse. Quelle mouche les piquait tous ?<br />
- Ne t’inquiète pas pour leur santé mentale, ils vont bien. Toi aussi, d’ailleurs. Tu n’as rien à te reprocher, tu n’aurais pu faire mieux.<br />
- Si, j’aurais dû…<br />
- Oui, mais entre devoir et pouvoir, il y a un gouffre de miséricorde, et c’est de vraiment bon cœur que je t’accorde la mienne ! Venez maintenant, allons nous réjouir avec les autres </p>
<p>La fête dura jusqu’à la tombée de la nuit, et quand le soleil tomba derrière la montagne, tous firent silence. Alors l’enfant Roi se leva du fauteuil de bois, et invita tout le monde au silence.<br />
- Je crois que l’heure est venue de nous séparer. Que ceux qui doivent me suivre viennent… Quant aux autres, pour qui ce n’est pas le moment, je leur dis à bientôt… S’ils le veulent.<br />
Il sourit, se retourna, et fit un geste de la main. Un grand portail apparut alors d’ailleurs, un portail que ne soutenait aucun mur. Il s’ouvrit lentement, et l’enfant Roi monta alors la colline, et là où les sapins ne poussaient plus, là se tenait le portail et il le franchit. Dans ses pas marchaient les grands seigneurs, puis les soldats de l’armée lumineuse, avec à leur tête le capitaine, dont l’épée qu’il tenait comme on tient une torche flamboyait encore. Et son casque luisait, et son armure brillait, et sa cape volait au vent qui soufflait de derrière le portail. Un vent frais et pur, un vent de printemps et d’éternelles aventures. Enfin vinrent les hommes et les femmes de pierre, dans de beaux habits, qui étincelaient de magnificence. Et avec eux partirent Grégoire, Christian et Blandine, brillants de gloire. La séparation – provisoire, n’en doutez pas – entre les amis fut douloureuse, et de nombreuses larmes furent versées, sur lesquelles il convient de ne pas revenir. Mais il partirent finalement, ayant atteint leur heure et trouvé leur destin sur le champs de bataille.</p>
<p>Au final, seuls six des neufs compagnons restèrent sur la colline. Il y avait Tinnù, l’air grave et comme rajeuni, puis Mathilde et Daniel, qui se tenaient par la main, pensant que personne ne les regardait. Jean-Marc leur jeta un regard, mais ne fit aucune remarque, et Claire et Sébastien ne virent rien, tout occupés qu’ils étaient à contempler le portail qui se refermait lentement. Mais quand les battants se touchèrent, personne ne ressentit de tristesse particulière. Ils bivouaquèrent au village de pierre, une dernière fois. Le lendemain, ils quittèrent ce pays. Ils marchaient encore doucement dans la nuit, se dirigeant vers le Puy-en-Velay, tel des pèlerins venus de terre lointaine à l’approche de la cathédrale qui les attend. Et pèlerins ils étaient encore, errant sous les arbres au clair de lune et attendant leur heure… Et en marchant ils chantaient d’une voix douce :</p>
<p><em>Entends frapper les pas au pied de ta maison<br />
La pâle lune monte dans un ciel immense<br />
Dans les airs un instant des bribes de chansons<br />
Tandis que de nos pieds nous marquons la cadence</p>
<p>Et dès l&#8217;aube, éveillés, nous voilà repartis<br />
Brandissant les bannières d&#8217;anciens chevaliers<br />
La vieille cathédrale à la Vierge Marie<br />
Nous appelle à nouveau des âges oubliés</p>
<p>Pourquoi donc voudrais tu que le passé soit mort ?<br />
Dans la nuit de Comté ils passent en silence<br />
D&#8217;eux tu ne verrais rien que la lune, et tu dors<br />
La route va sans fin et ce monde est immense</p>
<p>Et je suis de ceux là qui vont par les chemins<br />
Errant pour le plaisir d&#8217;errer dans les collines<br />
Mais surmontant la voix du vent dans les grands pins<br />
C&#8217;est le bruit de la mer qui sans cesse domine</em></p>
<p>Ils sont rentrés chez eux, un peu plus grandis, un peu plus graves, certainement changés. Mais ils sont seuls à savoir, parmi tout ces gens qui se pressent dans le métro, parmi tous ces collégiens, ces lycéens insouciants, parmi tous ces passants qui marchent l’air sombre et absent dans les rues, ils sont seuls à savoir qu’un nouvel Age a commencé pour l’humanité, un âge plein de promesse et fait d’espérance. </p>
<p>Oui, ils sont seuls à le savoir. Et ils n’en parlent que très peu autour d’eux, seulement à ceux qui sont bien disposés à les croire. Car, à dire vrai, qui les croirait ? Et souvent, ils se retrouvent tout les six pour voyager ensemble, sortir au restaurant ou tout simplement, marcher un peu sous les étoiles, se rappelant des temps passés et de ceux qui ne sont plus.</p>
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		<title>Chapitre 50 - Le Grand Joyau</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Sep 2008 19:52:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isabelle</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Les vêtements de l’ennemi étaient vides, la grande ombre était passée. Un nouveau jour se levait dans le silence de cette fin de bataille. La plus longue nuit de l’existence de beaucoup s’achevait.
Tinnù se pencha, ramassa le Joyau. Quand il le brandit devant tous, son visage était pâle et sévère. Nul cri, nul chant de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les vêtements de l’ennemi étaient vides, la grande ombre était passée. Un nouveau jour se levait dans le silence de cette fin de bataille. La plus longue nuit de l’existence de beaucoup s’achevait.<br />
Tinnù se pencha, ramassa le Joyau. Quand il le brandit devant tous, son visage était pâle et sévère. Nul cri, nul chant de victoire ne vint saluer cet ultime rebondissement. L’Ennemi était mort, le Joyau en leur possession. Mais les sombres paroles de ce prophète de malheur hantaient tous les cœurs. Soudain, la voix d’un des elfes retentit dans le silence lourd.<br />
- Garde le, Ô Tinnù ! Sois notre Roi, ramène gloire et prospérité à notre royaume !<br />
- Ecoute le, Tinnù ! Ecoute le, vas-tu accepter de laisser dépérir ton peuple ?<br />
- Tu as montré ta puissance, Ô jeune Roi ! Tu auras la force de maintenir l’espérance !<br />
Les Rhandiri n’y tinrent plus, et bientôt leurs voix rejoignirent le concert de supplications. Tinnù se taisait, le regard porté vers la foule en contrebas. L’armée lumineuse n’était pas en vue : seul, son capitaine se tenait sur un des remparts, observateur muet de la scène, austère et curieux.<br />
Alors Tinnù descendit lentement les marches. Et il se tint là, face à la porte toujours fermée de la forteresse, le Joyau toujours levé au dessus de sa tête, répandant sa douce lumière. Les cœurs autour de lui vibraient de joie et d’espérance ; mais son esprit était troublé, comme celui de ses sept compagnons. Blandine ne disait rien, elle l’observait en silence, auréolée d’une blanche clarté. La même lumière transparaissait au travers de Grégoire, quant à Christian, il était tout simplement lumineux. Tinnù sut alors qu’il ne les reverrait pas avant des âges de la terre. S’il rendait le Joyau, alors l’espoir même de les revoir un jour s’étiolerait pour ne plus être que l’ombre d’un regret.<br />
Soudain, un cor résonna de l’autre côté de la porte. Un son doux et puissant à la fois, et un frisson parcourut l’assemblée.<br />
- C’est le Roi… Le Roi est là ! entendit-on.<br />
- Il faut lui ouvrir, Tinnù quel que soit ton choix.<br />
Blandine implorait. Tinnù baissa le regard. Il ne pouvait pas. Que lui dirait-il, s’il le voyait en face de lui ?<br />
- Je vais garder ce Joyau. Il peut l’avoir… Plus tard.</p>
<p>Le silence se fit de nouveau, mais la porte en haut de l’escalier grinça soudain. Et voilà que Jean-Marc, celui qui se faisait appeler Manu, et madame Sano étaient là ! De surprise, tous furent sans voix. Jean-Marc ne dit rien, mais il porta les yeux sur le Joyau et resta là, transfiguré. Madame Sano descendit rapidement les marches et se précipita vers Tinnù<br />
- Le Roi est dehors, nous avons entendu le cor en même temps que vous ! Il faut lui ouvrir !<br />
- Je ne puis.<br />
- Ouvrez ! Qui êtes vous pour le laisser dehors ?<br />
- Je suis Tinnù, le porteur de l’étoile, le Roi de Galaeg. J’ai récupéré le bien de mon peuple, et il n’appartient qu’à moi. Je ne le cède à personne, si ce n’est en héritage.<br />
- Imposteur ! L’espérance ne peut revenir qu’à un seul, et tu le sais ! Et ce n’est pas toi.</p>
<p>Elle paraissait grande soudain, madame Sano, vêtue du blanc de l’hôpital. Elle paraissait grande et sévère. Elle se tourna vers Jean-Marc, qui avait rejoint les sept autres compagnons.<br />
Je ne peux tenir un serment à ta place, Yo-yo. Mais souviens toi que tu t’es engagé à rendre le Joyau à celui qui en aurait le meilleur usage. Et ce n’est pas lui. Ce n’est aucun d’entre nous.<br />
Jean-Marc baissa les yeux. C’est vrai, il avait promis, il y a bien longtemps. Et <em>mieux vaudrait d’un serment brisé qu’il n’ait jamais été fait</em>, disait la prophétie. </p>
<p>C’était ça. Tout était accompli, le hurlement des loups comme les trahisons. Et celle-ci n’était la moindre… Morgal, où Tinnù comme il s’appelait maintenant, Morgal trahir ? Morgal qu’il croyait mort ? Et soudain, au milieu de toutes ces pensées, une certitude le frappa soudain.<br />
- Je t’ai cru mort, et tu es là ?<br />
- Je suis là.<br />
- Tu n’es pas mort, alors ?<br />
- On m’a permis de rester.<br />
- Qui t’a permis ?</p>
<p>Tinnù avait baissé le Joyau, qui ne répandait plus qu’une faible lumière. Et soudain, le soleil se leva de derrière la montagne. Les combattants le regardèrent, craintifs, leurs yeux clignant à la lumière du jour.</p>
<p>- Elle a raison, Tinnù, ou quel que soit ton nom. Il faut le rendre.<br />
Tinnù baissa son regard. Il avait l’air malheureux. Le Joyau glissa lentement de sa main. Alors madame Sano le saisit avant qu’il ne tombe. Christian et Grégoire montèrent aux remparts, le pont-levis s’abaissa, la grille remonta, et le Roi s’avança.</p>
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		<title>Chapitre 49 : ce qui arriva à Yo-yo</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Sep 2008 13:39:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isabelle</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Revenons en à l&#8217;enlèvement de ce pauvre Jean-Marc, suite à la bataille entre mercenaires et hommes de pierre quelques jours avant.
La course n’avait pas durée un quart d’heure, lorsqu’ils parvinrent à une grille de fer finement ouvragé ouvrant un passage en diagonale dans la paroi de pierrailles rougeâtres. Quelqu’un les attendait devant. Le chasseur ralentit, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Revenons en à l&#8217;enlèvement de ce pauvre Jean-Marc, suite à la bataille entre mercenaires et hommes de pierre quelques jours avant.<br />
La course n’avait pas durée un quart d’heure, lorsqu’ils parvinrent à une grille de fer finement ouvragé ouvrant un passage en diagonale dans la paroi de pierrailles rougeâtres. Quelqu’un les attendait devant. Le chasseur ralentit, surpris ; il ne parvint jamais à la grille. Un double coup de feu étendit raide et le chasseur et l’unique loup qui l’accompagnait. La montagne se réveilla et le bruit résonna longuement pendant que l’homme qui avait tiré, un grand gaillard en veste de chasse, aidait Yo-yo à se relever.<br />
- Et vous, vous êtes qui ? demanda celui-ci.<br />
Sa question peut vous sembler stupide. Rappelez vous néanmoins que le gamin en avait vu de toutes les couleurs depuis deux jours, qu’il avait été mené comme du bétail pendant toute une partie de l’après midi et qu’il venait de passer par les moments les pires de sa vie, toute son existence tombant à ses pieds en morceau.<br />
- Tu peux m’appeler Manu.<br />
- Et vous tirez souvent sur les gens comme ça ?<br />
- Sur les gens de cette espèce, oui. C’est un des mercenaires, payés par un salaud de pire espèce pour effectuer son sale boulot.<br />
- De quel sale boulot vous parlez ?<br />
- Le meurtre de mon père, là haut, le vol de mon château avec ce qu’il contient de plus précieux.<br />
- C&#8217;est-à-dire ?<br />
- Disons, une sorte de bijou. Il appartenait à ma grand-mère, Dieu ait son âme, un héritage de famille qui devait valoir plusieurs dizaines de millions. Ce gars s’est fait passer pour un antiquaire auprès de mon père, qui est devenu assez imprudent avec l’âge. Auprès de moi, il s’est fait prendre pour un bienfaiteur de la jeunesse, et m’a chargé de vous filer. C’est moi, que vous avez aperçu l’autre soir, alors que vous campiez.<br />
- Et il a fait tuer votre père ?<br />
- Sans aucun doute. Je n’ai guère d’espoir (et pour cause, songea Yo-yo), mais il peut être sûr que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour lui faire payer son forfait ! Où sont passés tes copains ?<br />
- Ils sont restés en arrière. On était prisonnier, et une bande de sauvages a attaqué notre escorte. Ils étaient menés par un cavalier sur un cheval blanc.<br />
- Sur un cheval blanc dis-tu ?<br />
- Vous l’avez aperçu ?<br />
- Pas plus tard que ce matin. Il rôdait dans les parages, je l’ai vu sur l’éperon rocheux qui surplombe le château. Il m’avait tout l’air de le surveiller.<br />
- Vous pensez qu’il est de notre côté ou du leur ?<br />
- Quel côté ? Il n’y a pas de côté, seulement un bandit qui devra payer.<br />
Yo-yo se rendit compte que Manu, puisque tel était son nom, n’était pas au courant de l’enjeu de l’affaire. Il ne semblait pas connaître la véritable valeur du bijou de sa grand-mère. Il n’avait pas compris ce qui se tramait autour du château depuis des dizaines et des dizaines d’années. Il accusait une quarantaine d’année ; son père pouvait en avoir quatre vingt et sa grand-mère, si elle était encore de ce monde, aurait été plus que centenaire – peut-être cent dix ou cent vingt ans. La grande affaire remontait donc à un siècle, calcula Yo-yo, tout surpris de ne jamais s’être posé la question.<br />
Manu avait garé sa break à une dizaine de minutes de là – une voiture ! Jean-Marc avait même oublié que ça existait ! – et ils firent le chemin en sens inverse pour retrouver le reste de la Compagnie. Pendant qu’ils cherchaient la voiture, un cavalier se présenta devant les grilles du château. Mais ils avaient déjà caché les corps dans un fourré, et ne voyant aucune trace, il revint sur ses pas. La voiture le suivit au ralentit, à cause du gel, mais sans jamais le rattraper. C&#8217;est ainsi que Jean-Marc et Morgal se manquèrent – de peu.<br />
Ne trouvant personne sur place, ils s’interrogèrent sur la conduite à suivre. Yo-yo n’avait pas grand espoir de parvenir à grand-chose, mais souhaitait retrouver ses compagnons. Manu ne désirait que vengeance.<br />
- Il ne me sert à rien de les chercher longtemps. J’ai comme l’idée que j’aurais du mal à les retrouver à présent… Ils doivent être restés de l’autre côté.<br />
- Quel autre côté ?<br />
Jean-Marc aurait eu du mal à l’expliquer. C’était un peu comme si le monde était un millefeuille, et que l’on pouvait passer d’une épaisseur à l’autre, dans certaines conditions. Mais il était coincé de l’autre côté. Il renonça à expliquer son intuition à Manu, car une autre idée lui traversa la tête.<br />
- Madame Sano… murmura t-il<br />
- Qui ça ?<br />
- Je connais quelqu’un qui peut nous aider ! Je suis quasiment sûr qu’elle a encore un rôle à jouer dans cette histoire !<br />
- Un rôle ? Mais qu’est ce que tu racontes, fiston…<br />
- C’est une femme qui cherchait aussi à retrouver ce bijou, mais uniquement pour le protéger, vous voyez. Elle était au courant que ce… cet « antiquaire » cherchait à se l’approprier. C’est compliqué, je vous passe les détails, mais même notre présence est liée à ce bijou ! Je ne suis là que parce que madame Sano ne peut y être… Il faut aller la chercher !<br />
- Tu as de drôles d’idées, toi ! Elle est où, ta Sano ?<br />
- A Paris… en hôpital psychiatrique. Mais je pense que maintenant qu’il est ici, on pourra l’en sortir sans trop de mal…<br />
- En hôpital psychiatrique… m’étonne pas. C’est là qu’on doit tous finir je suppose… Alors un peu plus tôt, un peu plus tard…<br />
Maugréant un peu, mais éprouvant un insurmontable besoin d&#8217;agir, Manu retourna vers la break et mit en route. Yo-yo sauta à côté et la voiture s’éloigna vers Paris.</p>
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		<title>Suite et fin du Portail des Royaumes</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Sep 2008 13:20:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isabelle</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Le Portail des Royaumes]]></category>

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		<description><![CDATA[Bonjour à tous,
En cette rentrée 2008, et pour vous aider à mieux la supporter peut-être, j&#8217;ai le plaisir de vous livrer les derniers chapitres du Portail des Royaumes, roman feuilleton publié sur e-deo durant toute l&#8217;année dernière. Ces cinq derniers épisodes seront postés chaque lundi et chaque jeudi sur le site. Vous pouvez également retrouver [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous,</p>
<p>En cette rentrée 2008, et pour vous aider à mieux la supporter peut-être, j&#8217;ai le plaisir de vous livrer les derniers chapitres du Portail des Royaumes, roman feuilleton publié sur e-deo durant toute l&#8217;année dernière. Ces cinq derniers épisodes seront postés chaque lundi et chaque jeudi sur le site. Vous pouvez également retrouver la quasi totalité de la série en cliquant sur l&#8217;icône &#8220;Portail des Royaumes&#8221; !</p>
<p>Bien à vous,</p>
<p>L&#8217;auteur</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Chapitre 48 - Le Portail s&#8217;ouvre</title>
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		<pubDate>Thu, 31 Jul 2008 10:39:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isabelle</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Le Portail des Royaumes]]></category>

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		<description><![CDATA[Morgal-Tinnù, suivi de ses septs compagnons et des hommes de pierre, se sont engagés dans une bataille sans espoir contre le maléfique Bauglir. L'enjeu de cette bataille est un joyau autrefois volé aux elfes, qui contient l'Espérance du monde. L'assaut contre la forteresse d'Eyldarac tourne mal, et Tinnù-Morgal est fait prisonnier. Mais le vent tourne... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On entendit de très loin résonner une série de trompette. Et voilà soudain qu’en haut de la colline qui nous faisait face apparut un portail d’or, un portail immense dans le vide, que ne soutenait aucun mur ! Bauglir se retourna, et la haine déformait son visage. Le vent semblait sortir de ce portail, et voilà qu’il était ouvert, et une lumière brillait derrière qui semblait devoir chasser la nuit !<br />
Alors en sortit une immense armée, une armée magnifique et lumineuse. En premier, dix guerriers venaient en portant des étendards flamboyants. Puis vint un capitaine sur un étalon fier et haut, et son épée était de feu. Son armure étincelait, et son visage brillait dans l’ombre. A sa suite défila une centaine de chevaliers, portant lances et épées, puis des soldats par centaines, qui vinrent se ranger sur la colline, en face des assaillants qui nous encerclaient. Enfin tous furent rangés en ordre de bataille, et cette armée brillait tant que nous avions du mal à garder les yeux ouverts. Ils étaient bien deux milles. Le portail au dessus d’eux restait ouvert, et il semblait flotter dans les airs comme un rêve merveilleux. Une série de trompettes sonna, puis un tambour se mit à battre. Nous n’étions plus qu’une cinquantaine acculée au rocher, et entre les deux armées, se tenaient nos ennemis, maintenant dépassés en nombre !<br />
Le capitaine leva son épée de feu, et sur un ordre, son armée chargea, cavaliers en tête. Nous n’avons pas mis longtemps à nous ressaisir du tour étrange que prenaient les événements. Mon premier but était de libérer Tinnù, et nous avons donc tenté une percée dans sa direction. Nous ne sommes pas arrivés trop tard ; Delu avait déjà par deux fois abattu son épée sur lui, et il ne s’en était tiré que grâce à sa rapidité. Le grand elfe fut abattu sans pitié, et notre chef récupéra son épée noire et mena la charge. Pris dans un étau, mercenaires, loups et renégats tentèrent de s’échapper pour retourner au château. Ils n’avaient pas prévu un tel retournement de situation. Nous les avons poursuivis jusqu’aux remparts, les murailles nous laissèrent passage. Nous retrouvâmes en cours de route Blandine, Christian et Grégoire, tous trois amochés mais farouches et brandissant encore leur lame. Dans leur fureur ils dégageaient la même lueur que les combattants de l’armée des bénis. Nos échelles traînaient encore à terre lorsque nous arrivâmes aux pieds du château. Nous avons pris pied sur le chemin de ronde, et le capitaine de l’armée des bénis était avec nous, mais c’est Tinnù qui menait l’assaut. Et il n’avait qu’un désir au cœur : trouver Bauglir<br />
Le silence revint soudain. Le matin semblait vouloir poindre, le ciel se zébrait de rouge à l’horizon et les étoiles s’éteignaient. Alors paru Bauglir, terrible et flamboyant, et à sa main brûlait le Joyau. Sa lumière était celle d’une étoile tombée du ciel, et je clignais des yeux un bref instant avant de me ressaisir. Il était debout, la couronne sur sa tête, ses cheveux gris volant au vent, et brandissait le Joyau en haut des marches en hurlant :<br />
- C’est cela que tu cherches, Morgal le maudit, Tinnù le rejeté ? C’est cela que tu cherches ? Tu le veux ? Oh j’ai bien compris maintenant, tu ne le veux pas pour toi ! Fou, pauvre fou ! Inconscient ! Tu veux le donner à leur roi à eux (et ce disant, il désignait le capitaine de l’armée des bénis, qui se tenait, sévère et silencieux, au dessus du pont-levis), tu veux le donner à celui qui n’a cure des elfes et de leur bonheur ! Mais pauvre idiot, tu veux donc ta fin et celle de ton royaume ? As-tu donc oublié la traîtrise de ta mère, et le long chagrin de ton père ? Tu es fils de traître, semi elfe, renégat toi aussi ! </p>
<p>Tinnù ne prononça pas un mot. Il monta lentement les marches, l’épée noire de Delu à sa main.<br />
- Tu cours à ta perte, lui murmura Bauglir encore une fois.<br />
Mais l’épée noire se balança, revint d’un mouvement rapide du poignet, et la tête du Tyran sauta pour finir et roula en bas des marches. Alors son corps s’écroula, et bientôt il ne resta plus rien de lui. Sa tête se dessécha sur place et tomba rapidement en poussière. Un coup de vent passa. Il fut parti.</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Chapitre 47 - La bataille</title>
		<link>http://e-deo.info/archives/3375</link>
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		<pubDate>Mon, 28 Jul 2008 19:21:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isabelle</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Le Portail des Royaumes]]></category>

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		<description><![CDATA[L'ultime bataille pour le Joyau volé aux elfes que détient le maléfique Bauglir. D'un côté, les compagnons restants, ainsi que les hommes des villages de pierre, tandis que Tinnù-Morgal se glisse dans le château pour tenter de libérer le jeune Jean-Marc. De l'autre, Bauglir et ses troupes, armées d'elfes rénégats, de mercenaires et de loups dressés à tuer. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>La parole est à Sébastien, chroniqueur de instant</em></p>
<p>On attaqua le château de nuit. Je suppose qu’ils devaient être au courant de notre manœuvre, mais il semble bien finalement que nous les ayons pris au dépourvu. Bauglir n’était pas encore sur la défensive. Nous avions rampé en silence jusqu’au ravin qui sépare le petit plateau du château, et je dois dire qu’on a béni nos pantalons de cuir, parce que le sol était blindé de ronces et d’orties. En revanche, on s’en est pris plein les mains. Une fois atteint le ravin, ce fut un jeu d’enfant que de jeter en travers une série de ponts de tronc d’arbre, qu’on avait traînés avec nous tout du long. Quelques flèches bien décochées, (les guerriers des villages de pierres sont décidemment de merveilleux archers), et voilà les mercenaires de garde morts sans pousser un seul cri. Nous lançons nos échelles, commençons à gravir. Cela semblait trop facile pour être vrai. Et en effet, à peine avions nous eu le temps de mettre pied sur les remparts que des cris nous ont alertés ; notre arrière garde était attaquée. Des elfes noirs avaient tenté une sortie aussi silencieusement que nous fomentions notre attaque ! Je dois dire, étant presque en haut de mon échelle au moment où se déclencha l’attaque, que je n’ai pas saisi grand-chose au départ. Une descente qui s’apprêtait à une dégringolade, une course dans les ronces, des ombres courant à mes côtés ; impossible de dire s’il s’agissait d’amis ou d’ennemis. J’entendais des flèches filer dans les airs autour de moi, et je me suis rapidement aplati au sol. J’espérais atteindre les chevaux, et surtout ne pas perdre les autres. Je savais qu’il me fallait rallier Tamul, mais dans cette obscurité, imaginez un peu ! J’entendis les sons d’un combat, le cri de ralliement des combattants des villages de pierre, et je me ruais dans cette direction. Quand j’arrivais au niveau des chevaux, où avait eu lieu ce combat, Tamul et les autres avaient déjà mis à terre ou en fuite la plupart des elfes noirs. Nous avons bondi sur les chevaux et à la suite de Tamul, avons chargé sur le gros des elfes noirs, qui combattaient les nôtres sur le plateau. Des remparts, des flèches tombaient, un peu au hasard. Je dégainai.<br />
Le combat à l’épée, en vrai, ce n’est pas exactement comme l’entraînement. On brandit notre objet, mais comme on est attaqué de plusieurs endroits en même temps et qu’on ne sait pas trop différencier les ennemis des amis, ce n’est pas si simple. En quelques minutes cependant, nous avions rallié à nous la plupart des combattants, mais des renforts de mercenaires nous repoussèrent vers l’escalier, qui, patiemment taillé, nous permis de tenir quelques heures. Nous nous relayions pour en défendre l’entrée. Grégoire se prit un mauvais coup dans le ventre alors qu’il tenait l’escalier, mais je le perdis de vue. Nous tenions les hauteurs à présent, et Tamul faisait décocher une pluie de flèches sur nos assaillants. Nous souhaitions encore tenir le temps voulu par Tinnù lorsque nous fûmes attaqués de l’arrière.<br />
Ils avaient prévu notre ruse dès l’origine, évidemment, et avaient placé des loups et des mercenaires dans la forêt, soigneusement camouflés, pour nous prendre à revers quand le moment serait venu. Nous nous trouvâmes donc acculés à la falaise, des ennemis montant derrière nous et attaqués de la forêt. Notre situation devint désespérée assez vite, et je crus bien que le combat s’arrêterait là, sans que nous ayons tenu suffisamment pour permettre  à Tinnù d’accomplir sa mission désespérée.<br />
Nous voyions le cercle de nos ennemis se resserrer, mais voilà qu’un cor résonne des profondeurs des bois ! Et sous la clarté des étoiles, qui se mettent soudain à briller d’un nouvel éclat, vient la dernière armée du Royaume de Galaeg !<br />
Sur un grand cheval gris se tint le Roi Ninraeth, immobile et silencieux comme l’était son fils quelques jours auparavant, quand il nous libéra des mercenaires. Une rangée ferme d’archers elfes, couverts de leur armure finement ouvragée, l’arc à la main et l’épée au côté, se mit en ordre de bataille. Ils plantèrent chacun une dizaine de flèches devant eux, de façon à encocher leur traits plus rapidement, puis lancèrent une première salve. Une rangée de nos ennemis s’abattit. La seconde ne tint pas mieux, et nous tentâmes une sortie, pour rallier le Roi Galaeg.<br />
C’est ainsi que Tamul, qui dans des temps antiques avait combattu les elfes pour s’emparer du Joyau, rejoint le Roi de Galaeg pour l’ultime bataille. Les archers elfes protégèrent notre fuite par une averse de flèche, et enfin, nous fûmes tous en sécurité sous l’abri des arbres – pour le moment. </p>
<p>Le combat devint plus égal, mais bientôt il me sembla que chaque ennemi tué était remplacé par deux autres. Les loups étaient d’une férocité sans pareil, mordaient à la gorge et déchiquetaient ceux qu’ils parvenaient à prendre. Sous mes yeux tomba Blandine, qui avait été nommée porte bannière pour notre Compagnie. L’étoile tomba. Quelqu’un saisit la hampe du drapeau et le releva, mais je ne pus distinguer si c’était elle ; mon cheval venait de s’écrouler en dessous de moi. Je vidais rapidement les étriers, et roulais au sol. Je me souviens ensuite d’une retraite malaisée dans les bois, alors que le nombre d’assaillants augmentait sans cesse. Les elfes se battaient maintenant au corps à corps, évitant la dispersion tant bien que mal. Je vis tomber à son tour le roi de Galaeg. Nous fûmes acculés à la paroi de hautes falaises de pierres, dans cette partie de la montagne où de hauts sapins voisinaient avec les petites mares sombres. Derrière nous, un roc solide nous soutenait. La nuit était bien avancée. Que faisait Tinnù à cette heure ? Qu’avait-il pu achever déjà ? Etait-il mort, ou s’était-il perdu dans un dédale de souterrain ? Je butais sur les buissons de myrtilles, me relevais promptement. Une fois, deux fois, vingt fois. Vint un moment, enfin, alors que la nuit semblait ne pas devoir finir, et le matin plus jamais ne se lever, où le dernier assaut se profila. Le combat cessa un bref instant, le calme avant la tempête, comme si chacun prenait son élan, sa respiration avant l’ultime plongée. Le silence se fit.<br />
 Alors, nos ennemis baissèrent leurs armes, et soudain notre cœur fut plus lourd que jamais. Un tambour résonna. Un ordre retentit. Les assaillants s’écartèrent, et quatre silhouettes encadrées de torches parurent.<br />
Il s’agissait du chef des elfes renégats, Delu, drapé dans une cape ocre, qui tenait à la main une longue épée dans la lame semblait noire. Il était grand, plus grand que le roi de Galaeg n’avait été, et son visage était terrible, une flamme cruelle brillait dans ses beaux yeux elfiques. Il avait ployé le genou en un âge immémorial devant un autre ennemi, dont Bauglir n’était que le capitaine, et avait servi son maître depuis lors, rassemblant tous les elfes renégats, les pilleurs, les voleurs, les traîtres et les assassins sous sa bannière. Son blason était d’argent et de sang. Avec lui venait Osgar, le chef de chasseurs mercenaires. Homme de main de Bauglir, il était de tous les mauvais coups, et nul mieux que lui ne connaissait le désir de son maître. Il poussait devant lui, liée, maîtrisée et vaincue, une forme mince et fière. Tinnù, fait prisonnier alors qu’il cherchait son ami dans les cachots du château d’Eyldarac. Nous avons serré les dents à sa vue, mais nul ne dit mot, et pas un gémissement ne se fit entendre. Le silence était maintenant complet.<br />
Derrière eux venait la dernière silhouette. Il était moins grand que Delu, mais bien plus terrible. Une couronne d’argent noircie reposait sur sa chevelure grise et longue. De son passé de ministre, il n’avait rien gardé. La cape noire qui le couvrait lui donnait des airs de grande chauve souris envolée d’une caverne antédiluvienne. Il était terrible, Bauglir, le Nécromancien, quand il vint savourer sa victoire, et nulle victoire n’avait été plus complète auparavant.<br />
En cette heure, je dus serrer les dents et les poings pour ne pas pleurer de rage et de désespoir. Daniel ne s’en priva pas. Je distinguais Mathilde, Claire, mais Grégoire, Christian et Blandine n’étaient pas là. Mon cœur se serra en pensant à Jean-Marc, mort lui aussi, et dans quelles conditions terribles ? Il était le plus jeune de la Compagnie, encore un enfant, et j’aurais souhaité que sa fin ne fût pas trop terrible – mais je n’espérais d’aucune manière en la clémence du Tyran. Ainsi, nous n’étions plus que cinq, et plus pour très longtemps. La lune couchante éclairait la scène immobile et silencieuse.<br />
-	Voilà votre chef à tous, celui qui ne m’a échappé qu’une fois. Il a échoué. Il paiera pour avoir voulu me défaire.<br />
On jeta Tinnù aux pieds du Tyran. Il s’empressa de se relever, mais Delu le remit au sol d’une claque.<br />
-	Aucun d’entre vous n’a à payer pour avoir été entraîné par cette larve. Vous pouvez déposer vos armes, je ne vous poursuivrais pas. Vous serez mes sujets, non mes esclaves. Acceptez vous ?<br />
Le silence parcouru l’assemblée. Personne ne répondit. Tamul consulta Daniel du regard, sans doute parce qu’il était le plus grand d’entre nous et faisait donc un peu figure de chef. Celui-ci pleurait toujours en silence. Il n’eut la force de répondre, mais secoua vivement la tête. Je serrai mon épée de toute ma force. Il serait d’ailleurs plus juste de dire que je m’y cramponnai. En cette heure, seule cette épée comptait, et le nombre de guerriers qui pourraient la sentir. En cette heure, seul mon désespoir me donnait une rage que nul n’aurait pu comprendre. Je me fichais de victoire, je ne désirais plus que la mort, et la mort au combat. Le maître du désespoir ne pouvait nous vaincre, et même si tous nos espoirs n’avaient été guidés que par lui et avaient donc mené à notre perte, depuis la mise au point de notre plan jusqu’aux décisions de cette nuit, même s’il nous avait manipulés depuis l’origine, nous n’allions pas lui donner cette dernière gloire d’avoir réussi à briser ces derniers ennemis. Nous n’allions pas lui laisser cette joie. Nos épées pouvaient être brisées, mais nos esprits sortiraient vainqueurs de ce duel sournois.<br />
Nous avons refusé toute négociation. Alors Tinnù se mit à rire, à notre surprise à tous. Il riait, et Bauglir partait dans une fureur qui ne faisait qu’augmenter sa joie ! Un vent d’Ouest vint retourner les étendards de nos ennemis, et chassa la fatigue de nos visages.<br />
-	Tu riras moins quand nous tuerons devant toi tes amis ! N’as-tu pas compris pauvre fou ?<br />
Et fou, il semblait l’être, et son rire dément nous glaça plus qu’autre chose.<br />
-	Ne sens tu pas le vent tourner ? Pauvre fou toi-même ! N’as-tu donc pas encore compris ? Ce Joyau, jamais je ne l’ai espéré pour moi-même !</p>
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		<title>Chapitre 46 - Veillée d&#8217;arme</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Jul 2008 13:09:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isabelle</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Le Portail des Royaumes]]></category>

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		<description><![CDATA[Morgal, ses sept compagnons restant et les hommes du village de pierre se préparent au combat contre Bauglir, qui demeure maintenant dans la forteresse d'Eyldarac. Ils ont convenu d'un plan : Morgal s'introduira dans le château par un souterrain dont ils ont connaissance, au coeur de la bataille et à l'insu de leur ennemi. Mais les jeunes gens n'ont plus guère d'espoir...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>- Voilà, il doit être quelque part par là, annonça Tinnù face à une falaise de vingt mètres de hauteur sur cent de longueur. On n’a plus qu’à chercher.<br />
- C’est par ici qu’est la grotte par laquelle vous nous avez amenés l’autre jour ?<br />
- Exact.<br />
Chacun des compagnons, accompagnés de quelques enfants du village (parmi lesquels Miriel et Damien, qui ne quittaient plus Daniel), se mirent à fouiller un morceau de la falaise. Une heure, puis deux, passèrent ainsi, jusqu’à ce que Christian s’approche de Tinnù.<br />
- Tu sais, je crois qu’on ne cherche pas dans la bonne direction. Je ne suis pas certain qu’il y ait deux souterrains à cet endroit.<br />
- C’est pourtant l’endroit que m’a indiqué le chef du village.<br />
- J’y ai réfléchi aussi, risqua Blandine, et je pense qu’on est en train de chercher ce qui a déjà été trouvé.<br />
- Tu veux dire ?<br />
- Si les entrées du souterrain menant au château et du souterrain menant de la route à ce versant de la montagne ne faisaient qu&#8217;une ? C&#8217;est à dire, si le souterrain que nous cherchons démarrait dans la grotte ?<br />
- C’est une possibilité.<br />
Les trois compagnons se dirigèrent vers l’entrée de la grotte, quelques dizaines de mètres plus bas, contournant les petits sapins qui poussaient contre la paroi. Ils embarquèrent au passage Daniel et ses deux admirateurs qui fouillaient non loin de là. Tinnù et ses cinq camarades firent l’aller sans rien voir.<br />
- Vous voyez… On l’aurait remarqué s’il y avait quelque chose.<br />
- Je peux avoir une torche pour le retour ? quémanda Daniel.<br />
Tinnù lui fila un des deux flambeaux allumés au départ, et retourna dans la grotte. Ils voulurent faire le chemin du retour rapidement ; mais Daniel traînait derrière avec les deux gosses, le nez en l’air. Il traînait si lentement qu’il finit par s’arrêter.<br />
- Et bien alors, qu’est ce que tu fiches ?<br />
- Je crois que j’ai trouvé le passage.<br />
Un trou, quelques échelons de fer, surplombaient sa tête.<br />
- Et ben ! Chapeau ! Comment t’as fait ça ?<br />
- Une ruse de vieux coureur des bois…<br />
- Et modeste avec ça…<br />
- Vous voyez les enfants, quand on a été élevé dans les pays sauvages d’Afrique, comme ce fut mon cas, il y a des choses qu’on apprend que les autres ne savent pas. Alors que j’avais sept ans, mon père (qui était, soit dit en passant, le meilleur chasseur du village), m’emmenait traquer le gorille dans la forêt. Je vous garantis que si on ne pensait pas à lever le nez, on se retrouvait vite assommé par un de ces monstres poilus…<br />
- C’est carnivore, les gorilles ? Je savais pas… ricanait Sébastien derrière lui.<br />
- Tiens ta langue, inculte. Donc je disais qu’on allait chasser le singe. Ce n’était pas le seul risque dans ces contrées ! Un jour, une charge d’au moins cinquante éléphants a manqué démolir le village…<br />
- Je croyais que tu étais né dans le 9-3 ?<br />
- Non mais tu ne comprends rien… J’essaie justement de sublimer, d’apporter une saveur poétique à ma tendre enfance…<br />
- Ahhh… alors, la charge des éléphants c’était celle des CRS ?<br />
Très digne, entraînant les deux enfants béats d’admiration à sa suite, Daniel répliqua :<br />
- Ton manque d’imagination est une insulte à la poésie, très cher.<br />
Tinnù à côté prétendait s’être fêlé deux côtes dans son fou rire.<br />
Pendant les quatre jours suivants, les compagnons s’entraînèrent au combat avec les autres villageois. Ils comptaient sur deux cents guerriers le jour du combat. Tamul leur avait fait amener des chevaux, et n’aurait été la perspective de la défaite, ils se seraient bien amusés. Le temps s’était décidemment remis au beau, et le vent soufflait continuellement d’Ouest, ce qui mettait Tinnù de particulièrement bonne humeur. Les villageois n’avaient pas l’air traumatisés par la perspective de la défaite proche ; ils vaquaient à leurs occupations comme d’habitude, et s’entraînaient avec un plaisir non feint. Ils savaient qu’au château aussi on devait tenir conseil, Bauglir devait avoir réuni ses mercenaires et les elfes renégats menés par le traître Delu. On supposait qu’ils n’avaient pas eu vent du retour de Tinnù. L’assurance que leur donnait la certitude de la victoire devrait les pousser à tenter une sortie, de façon à attirer les combattants dans un piège. Mais ils devaient ignorer que cette attaque n’était qu’un leurre, annonça brillamment Tinnù, fier de son plan à la noix.<br />
- Une diversion ! s’exclama Claire d’un ton inspiré, satisfaite de son trait d’esprit.<br />
Le dernier soir s’écoula, morne et sans joie, plein de l’attente de la bataille. Les hommes s’étaient rassemblés au cœur du village, devant un feu, et improvisaient une veillée funèbre. Un ménestrel s’avança et chanta pour nous la gloire des temps passés, la longue quête. Il acheva par un sonnet écrit dans la hâte, spécialement pour l’occasion, tandis que les flammes déclinaient doucement et se réduisaient à des brandons ardents que déjà recouvrait la cendre, ces braises rougeoyantes qui survivent au matin et que l’on ranime le soir pour la veillée suivante.</p>
<p><em>Combien se sont battus en vain<br />
Marchant silencieux dans la nuit<br />
Et faisant face aux ennemis<br />
Pour agoniser au matin ?</p>
<p>Les orages grondent sans fin<br />
Sur la forêt sombre et pourrie<br />
Mais au dessus des ombres luit<br />
L’étoile annonçant le matin</p>
<p>Et quand tout nous semble perdu<br />
Je ne m’avouerai pas vaincu<br />
Même au plus triste de l’errance</p>
<p>Tous les chemins sont dans le noir<br />
Mais il reste encore un espoir<br />
Dans les combats perdus d’avance</em></p>
<p>Un espoir&#8230; mais lequel ?</p>
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		<title>Chapitre 45 - Le village de pierre</title>
		<link>http://e-deo.info/archives/3278</link>
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		<pubDate>Mon, 21 Jul 2008 11:20:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isabelle</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Le Portail des Royaumes]]></category>

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		<description><![CDATA[Non loin du Puy-en-Velay, il existe une brèche qui mène vers un monde d'aventure hors du temps. C'est là que huit jeunes gens se sont engouffrés en vue de retrouver le Joyau porteur d'espoir que détient le maléfique Bauglir dans la forteresse d'Eyldarac. Mais après avoir retrouvé leur chef, le prince semi-elfe Morgal, et perdu un des leurs, ils tiennent conseil dans le village de pierre. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les chefs arrivèrent aux alentours de dix heures. Les Compagnons s’étaient habillés comme les hommes de pierre, mais avaient hérité des longs cimeterres de leurs geôliers de la veille. Morgal, qui s’était présenté à tous au village comme Tinnù, avait longuement questionné les prisonniers pendant la nuit. Les cinq loups qui avaient survécu au combat étaient nourris ; mais on ne s’approchait guère d’eux. On avait construit pour eux un enclos et les enfants du village – car il y avait des enfants, dans ce village, des gosses nés ici sans doute, ici où finalement, la vie continuait malgré tout – s’amusaient à leur lancer de petits cailloux, jusqu’à ce que Morgal, ou Tinnù, puisque Tinnù il y avait, mette fin à ce jeu cruel.<br />
Tous se retrouvèrent dans la salle commune qu’ils avaient déjà visitée la veille. Des tisons fumaient encore, et il fut aisé de ranimer le feu. Les sept s’assirent sur un même banc. Tinnù reprit son fauteuil de la veille. A sa droite se tenait un des sauvages, plus richement vêtu que les autres. Un étrange pendentif de bois cylindrique ornait sa poitrine ; il était sans doute le chef de ce village. Les autres chefs s’étaient assis en face des sept. Ils étaient au nombre de six. On comprenait à les voir que tous les villages ne connaissaient pas le même développement et la même prospérité ; certains étaient en effet bien vêtus, de tissus colorés, tandis que d’autre ignoraient le tissage et ne possédaient pour tout manteau que des capes de paille. Quelques chevaux broutaient au côté de Cristal, la jument blanche de Tinnù. Tinnù salua et se présenta, puis céda la parole à Lamor, le chef du &#8220;village de pierre&#8221;, qui se leva, et en termes courtois souhaita la bienvenue à chacun.<br />
- Nous sommes réunis suite à un événement des plus regrettables, qui marque sans doute notre destin. Vous n’êtes pas sans avoir deviné que l’ennemi a pris le Joyau. C’en est donc probablement fini de la paix dans ce royaume. Nos observateurs n’ont décelé aucun mouvement suspect autour du château ; mais les prisonniers que nous avons fait la veille ont parlé pendant la nuit. Il semblerait que l’ennemi veut en finir avec ses derniers opposants, c&#8217;est-à-dire les jeunes gens ici rassemblés, avant de couvrir le monde de ses ténèbres. Son cœur doit déborder d’espoir à l’heure actuelle. C’est peut-être ce qui le perdra. N’oublions pas que si nos actes ne sont guidés que par le souci de continuer la lutte quoi qu’il advienne, les siens seront guidés par ses calculs et ses faux espoirs. Nous n’avons aucune chance de gagner, mais nous n’en avons jamais eue. Cette fois, que nous combattions ou non, le malheur tombera sur nos têtes. Nous ne pourrions même obtenir un délai. Mais nous savons que nous battre est la seule des options, si nous voulons nous faire pardonner le tort autrefois causé.<br />
Un des autres chefs se leva alors.<br />
- Je te remercie Lamor, de tes belles paroles. Mais si nous ne pouvons plus repousser le malheur et l’esclavage, pourquoi alors se battre ? Je ne crois pas que nous serons récompensés un jour de cet acte inutile. Il nous aurait fallu agir avant, maintenant, c’est trop tard. Tous ces mots n’ont qu’un but ; nous faire comprendre que nous irons nous battre parce que tel est notre destin. Or, je ne crois pas que ce soit là notre destin. Nous pouvons refuser de livrer bataille, si la bataille est inutile. Et c’est ce que je pense, moi, Tamul, chef des Usbakis.<br />
Un grondement d’assentiment parcouru le petit groupe des chefs. Tinnù se leva alors et prit la parole à son tour.<br />
- Je te remercie de ton intervention, Tamul. Tu connais ce pays depuis longtemps, et cette connaissance nous aurait été utile. Dommage, enfin. Car pour ma part, même sachant qu’aucun secours ne nous viendra et que ce combat est voué à l&#8217;échec, j’irais le mener, seul si je dois. Vous pouvez me demandez pourquoi ; je vous répondrais que je n’en sais rien. J’ai été envoyé ici pour mener ce combat, et je renonce moi-même à comprendre. Mais s’il y a une chose que je puis encore faire de bon sur cette terre, avant que les ténèbres ne la recouvre, alors je la ferais, aussi vrai que le Roi m’a nommé Tinnù pour combattre dans le crépuscule. Qui m’aime me suive ! mais ma décision est déjà prise. Qui me suivra ?<br />
- Nous, nous te suivrons quelle que soit la fin. Tu le sais déjà, dit Blandine, et personne ne la contredit parmi les sept.<br />
- Fort bien. Le Roi t’a nommé Tinnù, mais quelle aide apportera t-il au moment du combat ? Viendra t-il en personne ? demanda encore Tamul<br />
- Il n’y faut pas compter. C’est à nous de faire le travail, lui ne peut agir à notre place. Nous devons agir comme si le salut ne dépendait que de nous.<br />
- Mais il ne dépend plus de nous, justement.<br />
- Que m’importe ! J’irais, et je pressens que ma défaite ne se situe pas là où réside ma plus grande crainte. Mais de quoi l’avenir est fait, je l’ignore.</p>
<p>Mathilde et Daniel n’avaient que faire des discussions stratégiques qui tournaient en rond depuis le début de la journée, et la curiosité les titillait. Après un bon déjeuner, ils partirent tout deux visiter le village, tandis que les autres s’enfermaient à nouveau dans la salle commune et continuaient leurs discussions oiseuses : il s’agissait maintenant de savoir comment on attaquerait le Tyran, sachant que quel que soit le moyen d’attaque, on ne pourrait vaincre. A la pensée du millier de loups et des centaines de mercenaires qui attendaient leur heure dans le château, Mathilde sentait la nausée lui monter aux lèvres.<br />
Le village était pourtant plein de vie, en cette belle après midi ensoleillée. La neige avait fini de fondre, et il faisait bon vagabonder dans la clairière. Ils tombèrent en arrêt devant un nuage que transperçait la lumière près des bois, dessinant des raies où les poussières d&#8217;or dansaient d&#8217;éternels ballets, puis s’attardèrent dans une cabane de berger où l’on avait construit un fourneau qu’ils s’amusèrent à allumer. Puis ils rentrèrent au village, se demandant un peu de quelle façon Tinnù avait prévu leur fin à tous. En entrant au village, ils passèrent devant la cabane qui leur avait été prêtée, et Mathilde observa le même manège dont elle avait été témoin au matin. Une femme déposait de la nourriture sur le pas de la porte d’une maison toute calfeutrée, une main se tendait et récupérait la gamelle. Ils demandèrent à la femme la raison de son manège. Une vieille folle, qui vivait là sans voir personne, était arrivée un demi siècle plus tôt. Il lui arrivait d’échanger la nourriture contre quelques prédictions, de temps à autres. Deux gamins délaissèrent leur barrage pour tourner autour de Daniel comme des mouches.<br />
- Laissez nous, maintenant ! s’énerva Mathilde.<br />
- Bah… laisse les. Je parie que je les intrigue. Je dois être le seul Noir à des kilomètres à la ronde !<br />
- C’est ton problème, si ça ne te gêne pas.<br />
- Vous vous appelez comment, les gars ?<br />
- Damien.<br />
- Miriel.<br />
- C’est cool ça ! Et vous êtes nés ici ?<br />
Les deux gamins hochèrent la tête. </p>
<p>- Tu te rends compte ? C’est quand même la belle vie d’être ici ! Pas d’école, pas de flics, pas de contrainte…<br />
- Pas de douche chaude, pas d’ordinateur, pas de cinéma…<br />
- Mais ils n’en ont pas besoin ! Ils ne savent même pas ce que c’est, ils ne l’ont jamais su ! Donc, ça ne leur manque pas !<br />
- Ce n’est pas l’école qui me manque, personnellement… Dis moi, je suppose qu’ils vont en avoir fini avec toutes leurs négociations. On devrait peut-être aller voir ?<br />
- J’espère qu’ils n’auront pas oublié ce pauvre Yo-yo, dans tous leurs beaux plans…<br />
Justement, Tinnù sortait de la salle commune, les autres à sa suite. Les voyant, il se dirigea vers eux.<br />
- Nous avons prévu de nous battre dans quatre jours, à la nuit tombée.<br />
- Cool ! Euh… tu sais mener un combat, toi ?<br />
- Ce n’est pas moi qui vous mènerait, mais le chef Tamul.<br />
- Et toi ?<br />
- Pendant que vous livrerez combat, je m’introduirais dans le château et ferais mon possible pour retrouver Yo-yo… et si possible, reprendre le Joyau.<br />
- Aucune chance de succès.<br />
- Je sais. Mais c’est le plan le  moins stupide que nous ayons trouvé.<br />
- Et comment comptes-tu t’introduire dans le château ?<br />
- Par le souterrain, voyons ! L&#8217;auriez-vous oublié ? s’exclama Christian qui s’était approché.<br />
- Et le souterrain, vous savez où le trouver ?</p>
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