Rentrée 2008 : M. Darcos, revenez sur la semaine de quatre jours !
Education/instruction, La cité
Quelque 12 millions d’élèves des premier et second degrés reprennent ce 2 septembre le chemin de l’école, du collège ou du lycée. Avant de rencontrer leurs nouveaux condisciples, de connaître leurs nouveaux professeurs et de recevoir leurs emplois du temps, ils sont d’ores et déjà concerné par certains changements instaurés par le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos : en particulier, la réduction des horaires du primaire, celle du nombre des enseignants et l’assouplissement de la carte scolaire. SOS Education approuve les deux derniers points, mais réprouve fortement le premier. Explications.
• Réduction des horaires du primaire, avec la semaine de quatre jours et la réduction de 26 à 24 heures de classe par semaine.
La semaine de quatre jours peut sans doute arranger certains parents, auxquels elle permettra de partir plus tôt en week-end, mais n’est pas bénéfique à l’instruction des enfants. Le rythme scolaire est plus haché et les journées plus longues, en dépit des deux heures hebdomadaires perdues. Or, la concentration que l’on peut attendre des enfants n’est pas la même à la fin d’une journée de classe chargée que le samedi en début de matinée. Les enfants apprendront donc moins vite et moins bien.
Par ailleurs, les nouveaux programmes du primaire se concilient mal avec cette perte de deux heures de cours. Le français et les mathématiques sont renforcés – ce qui est une très bonne chose – et l’on introduit parallèlement dans les programmes l’histoire des arts et le développement durable (cette dernière matière étant, il est vrai, intégrée dans les horaires consacrés à la géographie et aux sciences.)
Des journées plus longues, moins d’heures de classe et un programme aussi chargé (si ce n’est plus) que l’ancien : les conditions d’acquisition des connaissances par les élèves se dégraderont inévitablement.
• Réduction du nombre des professeurs.
Les syndicats de l’Education nationale en ont fait leur cheval de bataille : 11 200 postes sont supprimés en 2008 dans les collèges et les lycées, 13 500 le seront encore en 2009. Ces chiffres doivent cependant être rapprochés de la diminution des effectifs scolarisés au cours des trois dernières années, avec près de 150 000 élèves en moins dans le secondaire.
De plus, le ministre de l’Education nationale a indiqué son intention de combler les vides que créera le non renouvellement de 13 500 départs à la retraite en 2009, en mobilisant les professeurs qui ne sont pas devant les élèves. La Cour des comptes et le rapport présenté à l’Assemblée nationale par le député Jean-Yves Chamard en 2005 ont montré que 56 000 enseignants (en équivalent plein temps – ETP) des premier et second degré, rémunérés sur le budget de l’enseignement scolaire, n’enseignent pas.
Sur ce nombre, on compte 32 000 enseignants sans classe ni activité pédagogique. Rien ne justifie, cependant, que des enseignants recrutés, formés et rémunérés comme tels, soient mis à la disposition d’associations (comme la Ligue de l’Enseignement ou Solidarités laïques), d’organismes comme la Cité des sciences et de l’industrie de la Villette, ou de syndicats dont les principales activités consistent à s’opposer à toute tentative de réformer le système scolaire. Il est d’ailleurs paradoxal que les syndicalistes qui ne font aucun cours prétendent représenter les professeurs !
• Assouplissement de la carte scolaire.
La disparition, à terme, de la carte scolaire, est à la fois une mesure de justice et de simple bon sens. A l’inverse de ce que prétendent les partisans du statu quo, la carte scolaire entrave la liberté de choix des parents et introduit une profonde inégalité entre les élèves, fondée, non pas sur les talents, mais sur les fortunes.
Beaucoup de collèges en effet, notamment en banlieue, connaissent de graves difficultés et il n’est facile, ni d’y enseigner, ni d’y étudier dans des conditions convenables. La carte scolaire enlève aux élèves méritants et désireux de travailler, l’espoir d’intégrer un meilleur établissement, susceptible de leur offrir un cadre de travail en adéquation avec leurs bonnes dispositions. Lorsque ces élèves sont issus de familles aisées, les parents pouvent heureusement co,tourner la carte scolaire en inscrivant leurs enfants dans une école sous contrat, voire en déménageant. Lorsqu’ils ne le sont pas, c’est autant de talents gâchés et de capacités étouffées. Les familles ne s’y trompent pas et plébiscitent la suppression de la carte scolaire : à Paris, 60 000 demandes de dérogation ont été émises et 80 % des élèves demandeurs ont pu s’inscrire dans l’établissement répondant à leur premier choix.
Pour conclure, au début de cette nouvelle année scolaire, les 65 000 membres de SOS Education :
- approuvent Xavier Darcos lorsqu’il veut remettre les enseignants devant leurs classes, afin qu’ils y exercent le métier pour lequel ils ont été recrutés et formés ;
- applaudissent à la suppression de la carte scolaire, qui porte atteinte à la liberté de choix et défavorise les élèves les plus méritants et les moins aisés ;
- mais demandent en revanche énergiquement au ministre de revenir sur la semaine de quatre jours et sur la réduction des heures d’enseignement hebdomadaires, dans l’intérêt des élèves.
- Le site de SOS Education
A noter que le blog “Veille Education, l’actualité de l’école dans une perspective chrétienne” reprend du service >>>
Thibaud @ septembre 3, 2008




Personnellement, j’ai toujours été contre le principe de l’école le Samedi matin, en primaire comme en secondaire. Quand à SOS Education, leurs points de vue varient,disont, selon le temps. Je ne critique pas cette association, mais j’apporterai quelques reserves sur son “idéologie” et leurs ouvertures.
(MOD : c’est-à-dire ? Pourriez-vous préciser svp ?)