“Il faut assumer les risques de la guerre”
Asie, La cité, La vie de la cité, Politique/France
C’est ce qu’a affirmé mot pour mot le général Jean-Louis Georgelin, chef d’Etat-majors des Armées peu après la nouvelle de l’embuscade qui coûta la vie à dix de nos soldats. Il me semble qu’il ne fait ainsi que rappeler une vérité évidente et irréfutable mais que notre société actuelle a bien du mal à reconnaitre, engoncée qu’elle est dans son matérialisme insipide, son pacifisme pleurnichard et son immoralité irresponsable.
Ce choc de pertes si élevées en un engagement est venu rappelé aux français ce qu’ils semblaient avoir oublié au moins depuis 1962, à savoir qu’une guerre provoque inévitablement des morts et qu’aucune guerre ne peut être considérée comme propre. Mais il rappelle aussi que la notion de paix perpétuelle, chère à nombre de nos universitaires et plumitifs, n’est qu’un leurre et que la guerre, faisant partie intrinsèque de la nature humaine, hantera toujours notre quotidien sous quelque forme que ce soit. Du reste, les pertes françaises en Côte d’Ivoire avaient déjà rappelé cette dure vérité, mais l’opinion publique s’est vite empressée d’oublier.
Le général Georgelin rappelle aussi que capituler sous le coup de l’émotion et retirer nos troupes d’Aghanistan sous le choc de ses pertes et la crainte d’autres à venir équivaudrait à une défaite, tant militaire que morale, aux conséquences désastreuses. Rester aux côtés de nos alliés occidentaux est d’autant plus nécessaire que la France n’est plus en mesure actuellement d’assurer seule sa défense et ne peut être efficace que dans le cadre d’une action multilatérale. Il rappelle aussi que le terrorisme international et les actes de guérilla engendrés par Al Qaida dans ce pays ont bien une vocation mondiale et que la France ne peut s’en tenir à l’écart. Là encore, il a parfaitement raison, ne faisant ainsi que rappeler une réalité géopolitique fondamentale de notre époque. Certains ont bon dos de clamer que la guerre contre le terrorisme n’est qu’un slogan creux destiné à justifier l’impérialisme américain et sa main-mise sur les régions fertiles du Proche-Orient. De toutes évidences, ces gens méconnaissent notre monde, ou ont d’autres intérêts en vue. Tribord a déjà rappelé quels milieux politiques et idéologiques qui souhaitent à tout prix ce retrait: les gauchistes pacificards et antimilitaristes de la LCR, LO et du Parti Communiste, la droite nationale du FN qui confirme dangereusement son orientation anti-américaine et pro-arabe, les écolo-mondialistes de Bové et Mamère, et ne parlons même pas des conspirationistes Messan, Nabe, Soral and Co. Au passage, ce sont également les mêmes qui souhaitent de plus en plus ouvertement l’éradication de l’état d’Israel, l’accession au pouvoir du mouvement terroriste Hamas, une entente avec les cités islamisées. Bref, des gens dignes de confiance.
C’est pourquoi il apparait plus que nécessaire de non seulement relancer l’effort de guerre français en Afghanistan (et ailleurs, les conflits militaires confirmant leur ampleur planétaire), mais aussi de contrer efficacement cette dangereuse propagande anti-guerre qui sape les fondements de l’effort de guerre français. Bien sûr, cette constatation n’empêche nullement une remise en cause et un changement radical de la stratégie adoptée, au contraire. C’est d’ailleurs ce que préconise le général Georgelin, en insistant notamment sur l’importance du renseignement. En tous les cas, l’objectif doit rester de ne pas céder. Cela reste sans doute la meilleure façon d’honorer la mémoire de nos compatriotes disparus.
Thibaud @ août 28, 2008




Evidemment, ce donneur de leçon bien au chaud chez lui, n’est pas sur place, ces enfants non plus certainement. S’il veut mourir pour son pays, qu’il donne l’exemple me semble la première des conditions pour pouvoir l’ouvrir.
De plus, à qui faisons-nous la guerre exactement? Et pourquoi? 2 questions qu’on aimerait bien voir éclaircit…d’ici la défaite qui nous attend.
Comme si la guerre avait jamais servi à quoi que soit pour les peuples….
Tiens encore un pacificard de service? A votre première question, il me semble que les rescapés de l’embuscade doivent pouvoir vous répondre, il semblerai que les islamistes ne sont pas des êtres imaginaires comme le minotaure, et pour la deuxième, vous êtes au courant qu’on nous a déjà déclaré la guerre depuis longtemps?
Quant à la défaite, si vous incitez tout le monde à capituler avant de combattre, elle a en effet ses chances… un peu comme les communistes qui sabotaient des usines d’armement en 1939.
Pour votre gouverne, c’est avec la bataille de Bouvine que la royauté de France s’est affirmé!
Enfin, pour ce qui est du général Georgelin, il me semble bien qu’avant d’atteindre son grade et d’être bien au chaud chez lui, il a d’abord du gravir les échelons et faire ses preuves (comme avant lui, De Gaulle, Pétain, Foch, Giraud, Juin…). Alors vos pseudo-coups de gueule ultra-simplistes et clichéeux de petit anar au rabais, merci de les garder pour vous!
docs.google.com/Doc?id=dc2m8p62_310c3h6bzdv
http://www.jamestown.org/edm/article.php?article_id=2373334
Ce que l’Union Européenne peut faire pour la Géorgie après l’invasion russe
Par Vladimir Socor, Eurasia Daily Monitor, 30 août 2008
Le sommet de l’Union Européenne réuni en urgence le 1° septembre doit contempler les décombres de ses politiques dans son voisinage oriental et vis-à-vis de la Russie. A la suite de l’invasion de la Géorgie par la Russie et du changement de ses frontières par la force, l’Union Européenne peut s’attendre à des pressions accrues de la Russie (après un délai de convenance) sur l’Ukraine, la Moldavie, les états Baltes et l’Azerbaïdjan.
Tandis que la forme et l’éventail des pressions –économiques, politiques, militaires—variera d’un pays à l’autre, la Russie a mis en branle un processus général de subversion de l’ordre international postérieur à 1991. La Géorgie a été sa première cible.
Quoique provoqué par l’agression contre la Géorgie, le sommet de l’Union Européenne manquerait à son devoir s’il n’offrait pas des assurances de soutien politique et de perspectives d’intégration à l’Ukraine et à la Moldavie, de même qu’une forte affirmation de l’intérêt de l’Europe pour le couloir de transit énergétique par l’Azerbaïdjan et la Géorgie.
Étant donné que la Russie avait commencé par distribuer en masse des passeports russes en Abkhazie puis en Ossétie du sud, puis était intervenue pour “protéger les citoyens de la Russie”, l’Union Européenne doit certainement délégitimer cette espèce de “passportizatsia” L’Union Européenne avait vu ce qui se passait en Géorgie mais n’avait rien dit. Si elle ne le délégitimise pas, cela pourrait encore lui revenir en pleine figure en Ukraine, en Moldavie, ou dans les États baltes.
Le sommet de Bruxelles est confronté à un ordre du jour qui est double :
Tout d’abord, sauver l’État de Géorgie du dépeçage territorial, de la destruction économique et de l’occupation militaire de la Russie ; et,
deuxièmement, fixer un coût prohibitif à l’emploi de la force par Moscou dans l’est de l’Europe, où la réimposition de la domination russe accroîtrait le pouvoir de la Russie par rapport à celui de l’Union Européenne et de l’OTAN.
L’Union Européenne semble en gros disposée à accorder un soutien politique et économique à la Géorgie, mais elle semble divisée sur la nécessité de reconnaître le défi révisionniste que lui lance la puissance russe, plus encore sur la manière de traiter cette provocation.
A son sommet de Bruxelles, l’Union Européenne peut offrir à la Géorgie les formes de soutien suivantes :
– Placer au sommet de l’ordre du jour politique la question de la suppression des zones militaires tampon de la Russie (”zones de sécurité”) à l’intérieur de la Géorgie.
Découpées unilatéralement par la Russie, ces zones occupées n’ont aucun rapport avec l’”armistice” conclu avec la médiation de la France ; bien au contraire, elles le détruisent. Ces zones s’étendent bien au-delà des territoires d’Abkhazie et d’Ossétie du sud, compromettent les artères de transport vitales de la Géorgie, menacent la viabilité du corridor de transit pour le pétrole et le gaz, et réduisent la Géorgie à un état-croupion problématique et précaire.
– Revenir à un soutien diplomatique total de l’intégrité territoriale de la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues.
Le Ministre allemand des affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier et le Président français Nicolas Sarkozy avaient trop visiblement laissé tomber ce principe dans le plan de résolution du conflit en juin et le pseudo-”armistice” d’août. Cette reculade – par des tierces parties, au détriment de la Géorgie — a indiscutablement encouragé la Russie à “reconnaître” l’Abkhazie et l’Ossétie du sud, et à s’emparer de morceaux supplémentaires du territoire géorgien avec les prétendues “zones-tampon”.
Pour délégitimer les “reconnaissances” par la Russie, l’Union Européenne est bien placée pour annoncer qu’elle refusera toute aide aux pays qui reconnaîtraient l’Abkhazie et l’Ossétie du sud.
– Reconnaître officiellement le nettoyage ethnique massif commis en Abkhazie dans les années 1990 et en Ossétie du sud (plus la “zone tampon”) en août 2008, disqualifiant la prétention de l’agresseur à mettre en oeuvre une prétendue “autodétermination”.
Certains dirigeants de l’Union Européenne, y compris la chancelière allemande Angela Merkel et le Ministre des affaires étrangères français Bernard Kouchner, en ont dûment pris note à la veille du sommet (Deutsche Welle, Agence France Presse, 26-28 août).
En revanche l’Union Européenne en tant que telle doit aussi enregistrer ces deux cas de nettoyage ethnique, les condamner, et en tirer les conséquences politiques appropriées.
– Appeler à une enquête internationale impartiale par une commission indépendante sur les événements qui ont mené à la guerre entre la Russie et la Géorgie, et sur ses conséquences sur le terrain.
Le ministère géorgien des Affaires étrangères a déjà appelé à une telle enquête, offrant un accès total aux preuves et aux enquêteurs sur le terrain (communiqué de presse, 29 août).
– Constituer en envoyer en Géorgie un contingent de soldats de l’Union Européenne pour maintenir la paix.
Un tel contingent pourrait être fait d’unités multinationales de type gendarmes ou policiers civils, de même que d’observateurs militaires non armés, recrutés parmi les pays membres de l’Union Européenne.
Celui-ci doit être désigné pour remplacer les troupes russes stationnées dans les prétendues zones tampon, comme la Chancelière Merkel, avec d’autres, l’a proposé (Deutsche Welle, 26 août). L’Union Européenne pourrait conférer un mandat propre à un tel contingent dans le cadre de sa Politique de sécurité et de défense (PESD). A défaut, une coalition de volontaires au sein des pays de l’Union Européenne pourrait contribuer en personnel.
Dans un cas comme dans l’autre, la Géorgie peut exercer son Droit souverain d’inviter un tel contingent sur son territoire.
Demander un mandat à l’ONU ou à l’OSCE, comme le suggère la France (AFP, 26 août), serait la mauvaise manière de procéder pour l’Union Européenne. Dans ce cas-là, la Russie utiliserait son pouvoir de veto dans l’une ou l’autre de ces organisations pour retarder indéfiniment l’arrivée de ce contingent ou pour réduire sa taille et sa mission à un rôle sans conséquence — comme c’est déjà le cas des missions de l’ONU et de l’OSCE en Abkhazie et en Ossétie du sud, à cause de ce pouvoir de veto de la Russie.
– Autoriser le financement par l’Union Européenne d’un paquet d’assistance et de reconstruction, à mettre au point par le gouvernement géorgien en consultation avec la Banque mondiale et d’autres éventuelles institutions.
La valeur de ce paquet doit être proportionnée au dommage infligé à l’infrastructure géorgienne par l’armée russe au cours de son invasion et de son “armistice”.
Une aide qui ne serait pas à la hauteur signalerait –certes, pas pour la première fois— que l’Union Européenne n’est pas sérieuse dans son intention d’utiliser dans l’intérêt de l’Europe le potentiel de transit unique de la Géorgie.
L’Union Européenne pourrait nommer un Représentant spécial pour la reconstruction en Géorgie. La République tchèque a offert d’héberger une conférence des contributeurs pour la Géorgie.
L’assistance de l’Union Européenne pour la reconstruction, cependant, n’est pas un substitut à une stratégie politique pour l’Union Européenne politique qui fait défaut en Géorgie et plus généralement dans le sud du Caucase.
– Élaborer d’urgence un accord de facilitation pour les visas et un accord de libre échange entre l’Union Européenne et la Géorgie.
L’un et l’autre étaient en préparation bien avant l’invasion russe et n’en sont devenus que plus urgents aujourd’hui. Au-delà de leur valeur intrinsèque pour la Géorgie et pour ses citoyens, la conclusion rapide de tels accords démontrerait au moins une dose d’engagement à log terme de l’Union Européenne vis-à-vis de la Géorgie.
Face à une Russie hostile, la politique extérieure commune de l’Union Européenne, sa politique de sécurité, sa politique de l’énergie, et sa politique vis-à-vis de ses voisins sont en train de perdre leur crédibilité aux yeux des pays pro-occidentaux à l’est de l’Europe, voire aux yeux de ses membres eux-mêmes.
C’est aujourd’hui que l’Union Européenne a une occasion sans précédent d’acquérir de la crédibilité vis-à-vis de tous par une politique active dans la Géorgie envahie par les Russes.