Orissa : les pogroms antichrétiens continuent
Asie, Notre Eglise, christianophobie
Les violences continuent dans l’état d’Orissa (voir la carte en bas de l’article pour le situer), malgré l’appel solennel du pape et du Saint-Siège à l’arrêt de celles-ci. On déplore déjà, outre la destruction de nombreuses églises et institutions, une douzaine de morts chrétiens.
Nous vous parlions de l’attaque du centre social de l’archevêché à Bubaneswar, lors de laquelle une sœur a été violée; de l’attaque de l’orphelinat de Panampur, dont la dirigeante, une moniale, a été brûlée vive; de destructions d’églises et de chapelles. Le même jour - le 24 août - on seulement le centre social de l’archidiocèse a été attaqué, mais aussi le centre pastoral à Divya, la résidence des prêtres à Baliguda, où le couvent et le centre d’accueil ont été vandalisés. Quatre églises de la région ont été attaquées et 12 échoppes appartenant à des dalits (les intouchables) chrétiens ont été brûlées. À Nuagaon, Les fondamentalistes hindous ont également violé une jeune sœur travaillant dans une institution sociale, avant de détruire cette institution.

Le lendemain, l’église catholique de Phulbani a été attaquée et vandalisée, la résidence de l’évêque attaquée. Jamai Pariccha, le directeur de l’agence catholique d’assistance sociale Gramya Pragati, a été agressé - il est actuellement à l’hôpital -, malgré les supplications de sa femme, hindoue : sa maison et sa voiture ont été détruites. À Bhudansahi, la maison de Puren Nayak, un enseignant catholique, a été incendiée. La missionnaire laïc Rafani Majhi, âgé de 21 ans, a été brûlé vive alors qu’elle tentait de sauver les orphelins dans une mission attaquée à Bargarh. Un autre homme a été brûlé vif à Kandhamal, où un prêtre s’occupant de l’orphelinat est également hospitalisé. Lors de l’attaque et de la destruction de centre pastoral diocésain de Kanjimendi, le P. Thomas Challan et sœur Meena ont été gravement blessés. La paroisse de Sankrakhol a été attaquée et brûlée, son pasteur, le P. Alexandar Chandi, a pu se cacher dans la forêt proche. Son ami, le P. Bernard Digal, a vu sa voiture détruite puis a été agressé : il est dans une condition critique à l’hôpital. 17 maisons chrétiennes ont été saccagées à Raikia, où le couvent Saint-Joseph fut aussi attaqué, les sœurs ne devant leur salut qu’à leur fuite dans la forêt. Ce même 25 août, des attaques se sont produites contre bien d’autres églises : l’église pentecôtiste à Budamaha, les églises catholiques de Masadkia, Pisermaha, Mdahupanga, l’église baptiste de Mondakia…
Dans le district de Bargarh, c’est une horde de 2000 fanatiques - manifestement les suprématistes hindous ont battu le rappel et leurs partisans ont afflué des états de Madhya Pradesh, Karnataka, Maharashtraqui, Chattisgarh - a attaqué et détruit beaucoup d’églises, agressant prêtres et moniales. À Padampur, le P. Edward Sequira, battu quasiment à mort, est toujours sans connaissance. À Tianga, Vikram Nayak, un catholique, a été littéralement mis en pièces par une horde enragée. Deux autres catholiques sont morts des suites de leurs blessures et beaucoup de maisons de familles catholiques ont été brûlées. Dans la région de Raikia, trois personnes sont mortes par asphyxie lors de l’incendie de leur maison.
Ce mardi 26 août fut le théâtre de semblables violence : incendie d’une église et de 5 maisons à Badimunda, district de Kandhamal. Deux prêtres missionnaires, les PP. Simon Laksa et Xavier Tirkey, déshabillés et battus, ont pu se sauver. Alors que le rôle des autorités est plus qu’ambigu (le Home Secretary d’Orissa ayant prétendu que les démonstrations du Sangh Parivar sont pacifiques…), la police a commencé à agir dans la soirée, une fusillade entre forces de sécurité et fondamentalistes hindous eut lieu, tuant quatre personnes. Un couvre-feu a été imposé à plusieurs villages, mais cela n’empêcha pas la poursuite des destructions des maisons et propriétés chrétiennes.
Plus de 35 centres chrétiens - abritant orphelinats, centres sociaux, hôpitaux… -, sans compter les divers villages, ont été attaqués : l’organisation et la préméditation de ces violences ne fait aucun doute. Selon le sociologue et prêtre Augustin Kanjamala, professeur à l’université de Bombay, la raison qui excite l’opposition des fondamentalistes hindous est que le travail des chrétiens en faveur des pauvres et des marginalisés, en particulier des dalits, favorise et accélère les changements sociologiques en cours. Grâce à l’éducation, les dalits et les populations tribales acquièrent une plus grande dignité. Ayant le courage de protester contre l’oppression, ils ne sont plus disponibles comme main-d’œuvre corvéable pour l’agriculture.

Neo @ août 28, 2008




Le gouvernement a promis une réaction exemplaire. Espérons qu’il saura au moins rétablir l’ordre et la paix.
Si ces émeutes persistent, elles risquent d’embraser toute l’Inde. Non pas que tous les Hindous y participent, mais que dans chaque Etat, des groupuscules s’en prennent violemment aux chrétiens…
N’oublions pas dans nos prières nos frères chrétiens d’Inde dont il faut ne serait-ce que tenter d’imaginer la détresse…
Ce sont des martyrs ; admirons leur courage et leur Foi, et prions.