Conversion au catholicisme d’une paroisse orthodoxe ukrainienne
Une paroisse de l’Église autocéphale ukrainienne - à distinguer de l’Église orthodoxe ukrainienne du patriarcat de Kiev, autre Église indépendante (*), et de l’Église orthodoxe ukrainienne du patriarcat de Moscou, liée à l’Église orthodoxe russe et seule reconnue par les autres Églises orthodoxes - vient de rejoindre, à la suite de son curé, l’Église catholique. Le 10 août 2008, le P. Mykhailo Romaniuk, prêtre du village de Podusiv, dans le district de Peremyshliany, a officiellement fait profession de foi catholique, et a promis sa fidélité presbytérale au pape et à la hiérarchie de l’Église gréco-catholique ukrainienne - en particulier à Mgr Gbur, éparque de Stryi. Il s’est ensuite joint à ce dernier pour célébrer la liturgie, confirmant l’intégration de lui et de ses fidèles dans la Mater Ecclesiae.
Ceci est le terme d’un processus d’unification des deux communautés religieuses de ce village, qui fut initié en 2004 par Mgr Yulian Gbur, processus qui impliqua des discussions à tous les niveaux d’autorité. Ce retour à l’unité religieuse est un retour à l’unité historique qui existait jusqu’en 1945. Avant que Staline ne décidât la « réunion forcée » - c’est-à-dire la liquidation de l’Église catholique d’Ukraine par une persécution systématique et impitoyable (**) -, en effet, tous les habitants d’Ukraine occidentale étaient catholiques.
D’après la dépêche du Service d’information religieuse d’Ukraine, cet exemple a relancé des initiatives dans ce sens qui existaient déjà dans d’autres paroisses de l’éparchie de Stryi.
(*) L’ancienne Église autocéphale orthodoxe ukrainienne, fondée en 1921 par le synode (Sobor) de Kiev en réaction à la tentative de main-mise par les Russes, a été en butte au pouvoir communiste - qui privilégia (sauf dans les périodes d’athéisation forcenée, selon les oscillations bien connues de la politique communiste en matière religieuse) l’Église orthodoxe russe et sa politique de russification - dès 1922, avant d’être totalement liquidée pendant la Seconde guerre mondiale. Elle survécut cependant dans la diaspora. À partir 1990 se sont constituées plusieurs Églises - ou synodes - orthodoxes revendiquant leur autocéphalie, la plus importante étant l’Église orthodoxe ukrainienne-patriarcat de Kiev (dans laquelle se reconnaissent 22 % des Ukrainiens), ensuite l’Église orthodoxe autocéphale ukrainienne, présente surtout en Ukraine occidentale (mais il y aussi de plus petites structures, comme l’Église orthodoxe autocéphale canonique, créée en 2005).
(**) En 1946-1949, les 4 diocèses de l’Église gréco-catholique, regroupant 4 millions de fidèles, sont supprimés, ainsi que la nonciature apostolique. Toute activité religieuse ou d’enseignement est interdite, les 8 évêques sont emprisonnés ou exilés, les 2772 paroisses sont récupérées par l’Église orthodoxe russe ou liquidées; les 4119 églises et chapelles, ainsi que les 142 monastères, sont saisis par l’Église orthodoxe russe, récupérés ou fermés. La moitié des 2628 prêtres séculiers sont récupérés de force par l’orthodoxie, l’autre est emprisonnée ou exilée, les séminaristes, moines et sœurs sont dispersés ou emprisonnés… À propos de la persécution des catholiques en Ukraine et de leur héroïque résistance, lire leur histoire et leurs poignants témoignages rassemblés dans D. Rance, Catholiques d’Ukraine. Des catacombes à la lumière, éditions A.E.D., 1992.
Neo @ août 21, 2008



