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Et maintenant ?

A la une, Civilisation, En kiosque...

par Jeanne Smits

Le bruit court paraît-il déjà dans Paris – et peut-être ailleurs : Présent n’a pas eu la subvention légale pour les quotidiens à faibles ressources publicitaires, Présent va cesser de paraître.

Non, mille fois non ! Voilà dix ans déjà que l’Administration – et plus précisément la « Direction du développement des médias » (sic) rattachée aux services du Premier ministre – nous refuse cette aide à laquelle nous estimons toujours avoir parfaitement droit ; dix ans que nous nous en passons, et que nous sommes toujours là.

Grâce à vous : est-il besoin de le préciser ? C’est vous, chers lecteurs, qui avez permis que l’aventure de Présent continue. Malgré les revers, malgré les injustices, nous n’avons pas cessé d’être le seul quotidien qui, dans chacun de ses numéros, s’est opposé à l’emprise médiatique de la culture de mort. Vous nous avez donné cet espace de liberté, chèrement payé ; nous n’entendons pas le lâcher. C’est notre manière de vous dire merci.

Ce qui nous a été refusé, jeudi, par le Conseil d’Etat (voir Présent daté de vendredi), c’est l’octroi rétroactif de la subvention que nous estimions être en droit de réclamer pour l’année 2000. Nous n’avons pas obtenu le constat que le refus de l’Administration était « entaché d’une erreur de droit » – et nous n’avons d’ailleurs obtenu aucune explication à ce sujet. C’est comme ça.

Une décision favorable aurait permis non seulement de récupérer ce qui nous était dû pour 2000, mais aussi, à terme, les subventions pour les années subséquentes, de 2001 à 2007. Peut-être même aurions-nous pu alors réclamer le remboursement du trop perçu par la Poste, qui réserve aux quotidiens bénéficiaires de l’aide légale un tarif beaucoup plus avantageux qu’aux autres.

Mises bout à bout, ces sommes qui nous ont manqué au fil des ans nous auraient permis, aujourd’hui, de respirer enfin. De moderniser notre matériel parfois agonisant. De donner un nouveau souffle à votre journal. De faire davantage de prospections à la recherche de nouveaux lecteurs. De corriger un peu les salaires, restés pour la plupart d’entre nous bloqués à leur niveau de l’an 2000 (et qui ont en pratique baissé, l’augmentation des charges aidant…).

Eh bien, sans trop de surprise il est vrai, nous nous en passerons. Nous nous accrocherons. Nous ne voulons pas abandonner ce terrain de la réaction quotidienne à l’actualité : ne plus réagir, c’est mourir. Nous n’en avons pas le droit !

Mais ce ne sera pas sans votre aide et sans votre mobilisation.

Et peut-être, au début de l’automne, lorsque la « Direction du développement des médias » prendra sa décision sur l’aide légale aux quotidiens pour l’année 2008, alors que Présent a pris le risque de baisser son prix au numéro pour respecter l’interprétation administrative des conditions d’attribution, nous verrons-nous octroyer enfin, pour cette année 2008, l’aide qui nous est refusée depuis une petite décennie.

Ce ne serait pas un jackpot. La santé financière de Présent est si fragile que cela ne suffirait même pas à combler le déficit prévisible pour cette année.

Mais nous ne baissons pas les bras pour autant. Avec la grâce de Dieu, nous resterons fidèles au poste. Et avec un millier, deux milliers d’abonnés supplémentaires, nous aurions mieux que l’équilibre : la possibilité de prendre un nouveau départ.

Aidez-nous à les trouver. Participez à notre souscription permanente (à l’ordre de « Présent-militants »). La survie du seul quotidien français libre et indépendant dépend aussi de votre opiniâtreté.

  • Le site du quotidien Présent

Thibaud @ août 12, 2008

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