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5 commentaires

  1. Light août 10, 2008 @ 19:41

    “On peut aussi se demander ce que les forces russes faisaient sur le territoire géorgien”

    Ils étaient là en toute légalité, la Russie dirige depuis 1992 la force de Maintient de la Paix en Ossétie du sud, sous mandat de l’ONU.

  2. Dydime août 11, 2008 @ 11:51

    Je parlais du point de vue de la légitimité et non de la légalité.
    Je ne suis pas sûr que la Russie soit le facteur le plus stabilisant de la région…

  3. Sebaneau août 11, 2008 @ 12:35

    http://docs.google.com/Doc?id=dc2m8p62_245dpfwn9f8
    http://pasta.cantbedone.org/pages/_4aklc.htm
    http://www.jamestown.org/edm/article.php?article_id=2373298
    POURQUOI, DERRIERE UN FAUX NEZ, MOSCOU ATTAQUE EN OSSETIE DU SUD
    par Vladimir Socor, Eurasia Daily Monitor, 8 août 2008

    Comme prévu (voir EDM, July 11, August 4) Moscou vient, derrière un faux nez, de lancer une opération militaire offensive contre la Géorgie en Ossétie du Sud. Quoique le coup ait été attendu en haute Abkhazie, et pourrait encore s’y matérialiser, la Russie a changé la direction de l’attaque vers le front d’Ossétie du Sud.

    Les attaques impudentes pendant la nuit du 7 au 8 août en Ossétie du Sud n’ont pas laissé à Tbilissi d’autre choix que de riposter. Pour la Georgie, se retenir plus longtemps se serait traduit par des pertes humaine, territoriales et politiques irréparables. L’opération militaire et de propagande de Moscou présente les traits caractéristiques de ses deux Biltzkriege de Transnistrie en 1992 et d’Abkhazie en 1993. La réponse défensive de la Géorgie en Ossétie du sud à partir du 8 août est conforme au prérogatives de cet Etat en Droit international et militairement adaptée aux attaques subies.
    C’est habituellement en août, lorsque les fonctionnaires européens sont en vacances, que la Russie monte des incidents militaires contre la Géorgie. Cette année, cependant, les opérations sont systématiques, plus longues, et placées considérablement plus haut sur l’échelle de l’escalade que lors des années précédentes. Après avoir, au printemps, concentré des forces supplémentaires en Abkhazie, et y avoir renforcé son infrastructure militaire, Moscou a reporté le processus d’escalade sur l’Ossétie du sud.

    Le 3 juillet une tentative d’assassinat avait visé Dmitry Sanakoïev, chef de l’administration intérimaire d’Ossétie du sud, qui contrôlait un tiers du territoire de la région. L’explosion a blessé les gardes du corps de Sanakoïev.
    Le 9 juillet Moscou a ostensiblement reconnu que quatre avions de l’armée de l’air de Russie avaient été envoyés en mission au-dessus de l’Ossétie du sud. Cette opération visait à dissuader la Géorgie d’y faire voler des avions sans pilote, pour aveugler Tbilissi sur les mouvements militaires de la Russie et de ses substituts dans la région. Une série d’attaques à la mine ont visé les patrouilles de police géorgiennes.
    Pendant la première moitié de juillet et les premières journées d’août, les troupes ossètes commandées par des Russes sous l’autorité des autorités ossètes dirigées par Moscou ont tiré à plusieurs reprises sur des villages contrôlés par la Géorgie, forçant la police géorgienne à riposter pour les défendre.

    Entre-temps, les médias contrôlés par Moscou orchestraient une hystérie sur le risque de guerre, accusant la Géorgie d’avoir l’intention d’attaquer. Dans le nord du Caucase et en Russie même, les chefs cosaques payés par le gouvernement menaçaient d’envoyer des “volontaires” combattre contre la Géorgie. Les autorités d’Ossétie du nord, qui connaissaient apparemment les plans de Moscou, se montraient nerveuses à la perspective de se trouver mêlés à une opération militaire majeure par procuration à leur frontière sud.

    Les buts de l’opération militaire de Moscou sont triples :

    L’objectif immédiat est de rétablir l’autorité des formats de négociation et de “maintien de la paix” contrôlés par la Russie.
    En tirant sans relâche sur les positions géorgiennes et en escaladant l’intensité des tirs avec chaque jour qui passe, Moscou espère forcer la Géorgie à se résigner à ces formats sous contrôle russe pour alléger la pression.
    En outre, Moscou veut forcer Tbilissi à reconnaître à la Russie un rôle dirigeant comme “garante” d’un règlement final.

    Le but de Moscou est ensuite, dans un cadre temporel coïncidant avec le premier, de capturer les villages contrôlés par la Géorgie en Ossétie du sud.
    Le modèle des attaques depuis le 6 août indique une intention de réduire à l’insignifiance le territoire administré par Sanakoïev, voire de l’expulser complètement d’Ossétie du sud.
    Si elle réussit, cette entreprise pourrait bien être reproduite en haute-Abkhazie par les forces russes et leurs faux nez tentant d’évincer les autorités loyales à Tbilissi.

    L’objectif politique stratégique est de dissuader l’OTAN d’approuver un Plan d’Action pour l’Adhésion (Membership Action Plan) pour la Géorgie aux réunions de l’alliance en décembre 2008 ou en avril 2009. Plus immédiatement, Moscou tente de faire capoter la visite d’évaluation du Conseil de l’Atlantique Nord en Géorgie, prévue pour septembre, ou au moins d’influencer les conclusions de cette visite sur les qualifications de la Géorgie pour un MAP.
    Comme au sein de l’OTAN les partisans de la “Russie d’abord” prétendent que les conflits non résolus disqualifieraient la Géorgie pour un MAP, la Russie vise à démontrer que ces conflits ne le sont pas, résolus.
    L’incapacité de l’OTAN, au sommet d’avril 2008, à admettre la Géorgie dans un MAP a encouragé la Russie dans l’escalade de ses opérations militaires contre la Géorgie.

    Moscou tente aussi de saigner économiquement la Géorgie par des opérations militaires prolongées. La Russie ne peut pas tolérer à sa frontière le succès économique d’un gouvernement pro-occidental. Conscient, en outre, du fait que le gouvernement géorgien rend des comptes à son opinion publique, Moscou tente de forcer ce gouvernement à choisir entre céder au risque d’un contrecoup à l’intérieur et, sinon, de répliquer dans une coûteuse confrontation.

    Les similitudes avec les interventions russes au début des années 1990 en Transnistrie et en Abkhazie sont imparables. Dans ce scénario, les médias russes créent une atmosphère d’hystérie, de guerre imminente, dépeignant le petit pays visé par l’attaque comme un dangereux agresseur.
    Des troupes fantoches armées par la Russie, déjà installées sur le territoire de la nation visée, s’en prennent alors aux localités et aux sièges de l’autorité.
    Des cosaques, et des “volontaires” du nord-Caucase sont envoyés. Les dirigeants russes peuvent prétendre que les attaquants agiraient de leur propre chef, en-dehors du contrôle de Moscou.
    Le renseignement militaire russe coordonne l’opération, tandis que les forces aériennes et terrestres fournissent la couverture, intervenant directement si le pays-cible se défend.
    Dans l’étape finale de ce scénario, des forces russes de “maintien de la paix” perpétuent les conquêtes réalisées sur le terrain. Pendant toute la crise, la plupart des gouvernements occidentaux sont désorientés et réagissent sans pertinence en prônant la modération “aux deux parties”, et finissent par tolérer les faits accomplis par la Russie.

    C’est ce scénario-là qui a commencé à se dérouler en Ossétie du sud à la fin de juillet.

    Vers le 6 et le 7 août, des troupes fantoches puissamment armées ont ouvert le feu sur des villages de Géorgie, pendant que les autorités sécessionnistes refusaient de parler avec Tbilissi.
    Les attaquants ont commencé par détruire les antennes de communication du système géorgien de téléphone mobile. Des armes et des groupes paramilitaires ont alors déferlé en Ossétie du sud depuis la Russie, à travers le tunnel de Roki contrôlé par la Russie.
    Les fonctionnaires russes en Géorgie ont prétendu que les assaillants échappaient au contrôle de la Russie. Cependant les dirigeants moscovites, pour leur part, justifiaient les attaques directement et indirectement en accusant la Géorgie d’agression.
    (Interfax, Itar-Tass, Télévision Russe, 4-7 août).

    Le 7 août à 19h00 locales, le Président géorgien Mikheil Saakachvili a fait une déclaration en direct à la télévision nationale, annonçant un cessez-le-feu unilatéral et demandant à l’autre partie de cesser à son tour les hostilités.
    En des termes hautement conciliants, le Président Saakachvili appelait à des négociations “sous toutes les formes”, réaffirmant son offre déjà ancienne d’une pleine autonomie pour l’Ossétie du sud, proposé que la Russie soit garante de cette solution, offert une amnistie générale et plaidé pour une intercession internationale pour mettre fin aux hostilités.
    (Rustavi-2 TV, 7 août).

    A la suite du discours de Saakachvili, les attaques contre les villages géorgiens se sont intensifiées. Le village d’Anevi a été presque complètement détruit, Tamaracheni et Prissi bombardés, et le poste de police de Kurta, siège de l’administration Sanakoïev, écrasé par des tirs d’artillerie. Les civils ont commencé à fuir les villages.

    Ces assauts ont forcé Tbilissi à entreprendre des actions défensives.
    Le 7 août vers 22h30 locales les Géorgiens ont répliqué aux tirs. Pendant la nuit, les forces géorgiennes, y compris des colonnes blindées ont fait mouvement vers Tskhinvali, le centre administratif des autorités sécessionnistes. Ces opérations ont stoppé la répétition d’un scénario de type 1992-1993 en 2008.

  4. Claurila août 12, 2008 @ 16:28

    http://docs.google.com/Doc?id=dc2m8p62_254cvmw99zq
    http://larussophobe.wordpress.com/2008/08/12/special-extra-editorial-answering-russia/
    EDITORIAL
    Répondre à la Russie
    La Russophobe, 12 août 2008

    Voici dix mesures que les pays de l’OTAN, qui se réunissent bientôt en session d’urgence pour répondre à la scandaleuse agression de la Russie contre la Géorgie, doivent prendre immédiatement :

    1. Y faire entrer l’Ukraine. Et l’armer jusqu’aux dents.

    2. Expulser la Russie du G-8.

    3. Appeler à l’expulsion de la Russie du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

    4. Rappeler tous les ambassadeurs à Moscou pour une période de trois mois.

    5. Inviter à Bruxelles une conférence des chefs de l’opposition pour une réunion officielle avec l’Union Européenne, suivie d’une autre à Washington.

    6. Commencer à fournir des armes aux insurgés dans les provinces séparatiste de Tchétchénie et d’Ingouchie. Appeler ouvertement la Russie à renoncer à sa sujétion sur ces pays.

    7. Annoncer un nouveau programme de dépenses militaires massives, qui poussera la Russie dans une nouvelle course aux armements mortelle pour elle, ou la reléguant à une impuissance militaire permanente.

    8. Annoncer un nouveau programme pour chercher des substituts aux carburants fossiles contrôlés par la Russie, avec ces objectifs de réduction fixés à l’avance.

    9. Annoncer un boycott des Jeux Olympiques d’hiver à Sotchi en 2014 aussi longtemps que Vladimir Putin est au pouvoir.

    10. Annoncer la création d’un nouveau réseau d’information, bien plus grand et mieux financé que la Voix de l’Amérique ou Radio Europe Libre pour envoyer en Russie néo-soviétique des émissions internet, radio et TV pour que les Russes puissent apprendre la vérité sur leur pays.

    Comme George Will l’écrit dans le Washington Post:

    “La Russie a dans son sein des peuples qui aspirent à l’indépendance. [...]”

    La Russies est profondément vulnérable à la division interne à cause du racisme latent de la population slave, et de la pauvreté omniprésente, écrasante du pays (la Russie ne se trouve même pas parmi les 100 premiers pays du monde pour l’espérance de vie des hommes adultes). Si la Russie veut créer un précédent pour la sécession, elle devra vivre avec ce précédent.

    La Russie est aussi totalement dépendante de l’achat de ses combustibles fossiles par l’Occident pour faire tourner son économie. Elle souffre d’une catastrophique hausse des prix à la consommation, à deux chiffres, et de niveaux traditionnellement anémiques de production nationale.

    Et la Russie est un pays très pauvre, avec un PIB par tête en-dessus des 50 premiers pays du monde, même quand on le gonfle par des calculs de “parité des pouvoirs d’achat”. Elle n’a pas les ressources pour imposer des contrôles de type soviétique à la société civile si on la soumettait à une réelle pression. Un effort concerté pour soutenir la société civile en Russie provoquera des troubles, sociaux comme économiques.

    Mais avant tout, la Russie est seule. L’OTAN doit faire connaître ce fait au peuple de Russie, lui montrer qu’elle risque de provoquer une légion de pays puissants et riches, et qu’elle n’a pas un seul allié. Il faut faire savoir à la classe des oligarques que Putin est un dirigeant mafieux qui risque de faire revenir le pays à une atmosphère soviétique dans laquelle aucun revenu n’est à l’abri, ni en fait aucune personne.

  5. Claurila août 13, 2008 @ 18:32

    http://www.menapress.com/article.php?sid=2128
    Mourir pour Tbilissi ?
    Par Laurent Murawiec, Metula News Agency info # 011308/8, 13 août 2008

    Après avoir refait de la Russie la prison du peuple, le tchékiste Poutine aspire désormais à reconstituer la Prison des Peuples

    Il n’y a jamais eu de « mouvement séparatiste » en Ossétie du Sud. La population sud-Ossète se monte à 65 000 individus. Il y a probablement plus de barbouzes russes en Ossétie que d’Ossètes sachant lire et écrire. Depuis des années, et singulièrement depuis l’avènement du tchékiste [1] Poutine au Kremlin, Moscou mène un travail de sape systématique contre les républiques libérées des chaînes soviétiques en 1990-91.

    Tant sa position géostratégique que l’hystérie grand-russe qui possède les dirigeants moscovites font de la Géorgie l’une des cibles prioritaires de la vindicte de Moscou. Qu’elle ait su, sous Chevardnadze, puis l’actuel président Sakachvili, s’organiser démocratiquement et repousser les tentatives répétées de subversion de l’intérieur guidées de Moscou, y compris plusieurs tentatives violentes de coup d’Etat, n’a fait que susciter la rage des Russes. Les révolutions ou évolutions démocratiques, la géorgienne comme l’ukrainienne, ont le don de mettre l’écraseur du Kremlin dans tous ses états.

    De même qu’en 1945 Moscou avait suscité, au nord de l’Iran, une « république soviétique d’Azerbaïdjan », de même qu’en 1968, un groupe d’agents de Moscou au sein du Parti communiste tchécoslovaque avait « demandé l’aide fraternelle » de l’URSS, qui se fit un devoir d’envahir le pays, c’est également appelée par ses agents en Afghanistan que l’Armée rouge y pénétra.

    Les Russes ont monté de toutes pièces des « séparatistes » ossètes, et abkhazes, pour casser la Géorgie, coupable de lèse-Russie. Moscou préparait depuis des mois l’assaut qui vient de se produire. La 58ème armée, qui s’est ruée sur la Géorgie, avait été préparée de longue main.

    La guerre menée contre la Géorgie, l’invasion, les bombardements aériens, sont non seulement dans le droit fil de la « Doctrine Brejnev », ils continuent la séculaire politique grand-russe. Après avoir refait de la Russie la prison du peuple, le tchékiste Poutine aspire désormais à reconstituer la Prison des Peuples.

    Depuis le XVIIIème siècle, la Russie, qu’elle avale ou grignote, qu’elle viole ou cajole, n’a de cesse de détruire toute souveraineté voisine et de s’enfler démesurément. Envoûté par la Grandeur qu’il a toujours confondu avec la taille du territoire, l’impérialisme russe est comme le scorpion de la fable : coûte que coûte il doit frapper.

    Aujourd’hui, intoxiqués par la fortune pétrolière, sûrs d’un avenir radieux, Poutine et son régime s’aveuglent sur les gravissimes crises qui minent la Russie, l’effondrement démographique, la catastrophique santé publique, la formidable corruption, l’inexistence de tout ce qui n’est pas gaz et pétrole ou n’en dérive pas dans l’industrie, l’absence, ou la destruction, de toute culture entrepreneuriale. Sacrifiant ainsi l’avenir, Poutine et Cie peuvent mieux se consacrer à la destruction intérieure et extérieure de tout ce qui est démocratique ou de libre entreprise.

    Les obscènes massacres perpétrés en Tchétchénie par les armées russes et leurs barbouzes avaient montré à Moscou que l’Union Européenne s’en tiendrait à la pleutrerie. L’Allemagne s’est révélée la plus couarde, préférant l’odeur du gaz à la sécurité stratégique.

    Enhardi par tant de stupidité – il faut reconnaître que George Bush, qui avait regardé Poutine « au fond des yeux », n’avait pas remarqué le tchékiste – le maître du Kremlin a senti croître son appétit. Après la Georgie viendra l’Ukraine. Les pays baltes ne sont pas loin. La péremptoire assertion de l’omnipotence russe et la démonstration connexe de l’impuissance occidentale, donnent à Moscou une puissance coercitive retrouvée. Après des années de banderilles, les estocades s’approchent : souvenons-nous de l’attaque informatique contre l’Estonie, de la coupure des livraisons de gaz naturel à la Pologne, des chantages et immixtions grossières dans les élections ukrainiennes, de la tentative à répétition de déstabilisation de la Lettonie. C’est ce qui explique la fermeté unanime des présidents baltes et polonais : l’expérience historique des trois siècles écoulés les préserve de toute illusion sur l’ours moscovite.

    Je l’ai écrit ici même il y a à peine deux semaines : quand Neville Chamberlain avait cru bon de qualifier la Tchécoslovaquie de « pays lointain dont nous ne savons que peu », il ouvrait la porte à la guerre. Aujourd’hui, laisser faire, au prétexte que la Géorgie ne figure pas au premier plan de nos préoccupations et de nos intérêts stratégiques vitaux, serait faire preuve du même aveuglement : il faudra stopper les ambitions russes. Le ferons-nous aujourd’hui, ou attendrons-nous que l’ours se soit renforcé, qu’il ait acquis la neutralité et la passivité de pays européens, mi-alléchés par un pot de miel pétrolier, mi-effrayés par la résurgence de la bête ?

    La Russie actuelle soutient les ambitions nucléaires et balistiques de l’Iran, en pensant pousser ce dernier contre les Américains. Elle équipe la Syrie assadienne de systèmes militaires avancés. Elle approuve et soutient le Hezbollah. Elle vend des avions de combat au Tartarin vénézuélien.

    Poutine vient d’annoncer son intention de reconstituer l’influence et la présence russes à Cuba. A coups de manœuvres terrestres et navales, de réactivation des patrouilles de bombardiers stratégiques, la Russie manifeste sa prétention d’être « de retour » au premier rang des super-puissances. Que sa morgue actuelle soit celle d’un demi-cadavre dopé au pétrole ne l’empêche pas le moins du monde d’être formidablement dangereuse : la Russie est une puissance révisionniste et déstabilisatrice; l’auto-intoxication de ses élites lui fait et lui fera faire de dramatiques erreurs de calcul stratégique, à l’instar d’un Brejnev entrant avec insouciance en Afghanistan.

    Les élites russes se croient destinés à la maîtrise de l’espace eurasien, à la parité avec la Chine (dont les dirigeants sont partagés entre le mépris et l’amusement envers Moscou, et se contentent de se servir de la Russie comme d’un supermarché où ils achètent les systèmes d’armement qui leur manquent), à l’hégémonie sur l’Europe centrale et à la vassalisation de la partie occidentale du continent. C’est ce qu’écrivent et disent les théoriciens, et, avec son inimitable grossièreté de nervi, ce que dit Poutine.

    Il faut tout le crétinisme mal dégrossi d’un tchékiste de banlieue pour comparer le gouvernement démocratiquement élu de la Georgie avec Saddam Hussein, pour se prévaloir, comme il vient de le faire, d’un parallèle avec l’invasion américaine de l’Irak. Mais, baudruche gonflée au gaz naturel, la Russie aux pieds d’argile croit sa grandeur revenue. Faute d’être stoppée net, elle ne s’arrêtera pas.

    [la suite est réservée aux abonnés]

“Etat de guerre”

Asie, Non classé, Zoom sur...

Au lendemain de l’offensive géorgienne menée par l’armée sur le territoire autonome d’Ossétie du sud, la tension est montée d’un cran. La Russie a reconnu avoir perdu deux avions et affirment avoir repris le contrôle ("libéré") de la capitale de la région, Tskhinvali.

La Géorgie a déclaré être "en état de guerre" avec la Russie. De son côté, le président russe affirme : "J’ai signé un décret sur l’état de guerre". Son pays serait l’objet d’une agression militaire totale. Aux Nations Unies, la situation ne s’améliore pas. L’ambassadeur de la Russie aux Nations unies, Vitali Tchourkine, reproche à la Géorgie d’avoir délibérément pris pour cibles les forces russes. On peut aussi se demander ce que les forces russes faisaient sur le territoire géorgien. La Russie, particulièrement hypocrite, accuse la Géorgie de "nettoyage ethnique".

Le président géorgien a d’ailleurs démenti le chiffre avancé par le président sud-ossète, Iouri Morozov, de 1600 civils tués dans les combats.

Addendum : selon le secrétaire du Conseil national de sécurité géorgien, Alexandre Lomaïa, la Géorgie a abattu 10 jets et 30 chars russes. De plus, les séparatistes abkhazes viennent d’attaquer les Géorgiens dans les gorges du Kodori, dont la reddition constitue l’un des points d’achoppement du plan de paix. Un nouveau front est donc ouvert en Abkhazie. Par conséquent, l’instauration de l’état de guerre a été voté par le parlement géorgiens pour 15 jours.

Didyme @ août 9, 2008

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