Nouvelles des FARC
Après l’opération « Jaque » qui a conduit le 2 juillet à la libération de 15 otages (Ingrid Betancourt, 3 Américains et 11 soldats ou miliciens colombiens), eut lieu plus discrètement le 23 juillet la libération de 8 autres otages (mais capturés une semaine avant !), via le C.I.C.R. (Comité international de la Croix-Rouge) - faisant taire la crainte que l’utilisation de son symbole par un soldat colombien lors de l’opération (ce qui n’était pas prévu et a été reconnu comme erreur par Uribe) ruinerait la confiance des FARC en le Comité. Le prestige d’Uribe est à son sommet - dans la population, pas dans les médias même colombiens… -, la cour constitutionnelle ayant définitivement validé son élection à la mi-juillet; son succès face aux FARC a été salué par Lula, par Michelle Bachelet, président du Chili; et même le soutien des FARC que fut Chavez a appelé la guérilla au désarmement et à la libération des otages, pour laquelle ont récemment défilé quatre millions de Colombiens. Roberto Saenz, le propre frère d’Alfonso Cano (alias Guillermo Leon Saenz), successeur de Manuel Marulanda Velez à la tête des FARC, l’a appelé à libérer ses otages. Même Fidel Castro l’a demandé.
Par ailleurs, la guérilla semble sombrer dans la dissension - ainsi le journaliste indépendant Jacques Thomet avait repéré la contradiction entre deux communiqués proches, avant et après l’opération Jaque, l’un refusant toute négociation et l’autre appelant à la cessation des opérations de sauvetage et prônant l’échange de prisonniers. On apprend maintenant qu’un chef du 53e front de la guérilla, sous les ordres du Mono Jojoy (chef militaire des rebelles), souhaite négocier avec des généraux colombiens, alors qu’un autre communiqué, signé par Rodrigo Granda et Jésus Santrich - qui sont au Venezuela -, annonce la poursuite de la lutte armée. Ivan Marquez, autre général basé au Venezuela, refuse lui aussi de négocier et vient de refuser l’offre française d’asile politique à ses combattants. Signe d’une tension entre tendances modérée et jusqu’au-boutiste, voire d’une guerre des chefs.
Il faut dire que la diplomatie française hésite entre le ridicule et le scandaleux. On se souvient qu’Alvaro Uribe avait, sur les insistantes instances du président Sarkozy, libéré le 5 juin 2007 le commandant rebelle Rodrigo Granda, à charge pour ce dernier d’obtenir la libération des otages de la guérilla, dont Ingrid, comme « intermédiaire de paix ». Or non seulement ce monsieur n’a rien fait pour honorer son engagement, mais il vient, caché au Venezuela, de publier un appel aux FARC à la poursuite de la lutte armée. Granda est poursuivi au Paraguay pour l’enlèvement suivi du meurtre en septembre 2004 de Cecilia Cubas, fille de l’ancien président paraguayen Raul Cubas, malgré le versement aux FARC d’une rançon de 800.000 dollars.
Neo @ juillet 26, 2008



