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Un commentaire

  1. Leon juillet 22, 2008 @ 19:50

    !!!NEWS!!!

    Jean-Paul Belmondo’s fans forum opened:

    http://www.belmondo.ru/forum_en/

Belmondo est le professionnel

Art, Cinéma

Synopsis : Josselin Beaumont, un as des services secrets français, est envoyé en mission au Malagawi, pays africain imaginaire, afin d’en exécuter le président Njala. Mais, vendu par ses supérieurs suite à un revirement de politique, il est emprisonné et longuement torturé. Contre toute attente, il réussit à s’échapper et à regagner Paris. Comme on s’y attend, il va chercher à se venger ses anciens employeurs mais d’une manière bien particulière : en remplissant son contrat initial, soit tuer Njala, et en prenant soin de l’annoncer préalablement à son ancien supérieur direct le colonel Martin.

Commentaire : Il s’agit, à mon sens, du plus beau rôle et du meilleur film de Jean-Paul Belmondo (avec, dans un genre très différent, « Léon Morin prêtre »). La principale est sans doute le fait qu’il s’agisse d’un des rares films où l’on voit le personnage de Belmondo mourir (avec « L’héritier », « Week End à Zudcoot » et « Borsalino ») et où ce dernier n’interprète pas un héro désinvolte et invulnérable (il est en effet emprisonné et se fait torturer durant le premier quart d’heure). Ici, il est nettement plus sérieux et désabusé, souvent à la limite du cynisme.  Si humour il y a, le ton d’ensemble du film est plutôt au drame et à la mélancolie. Voilà qui donne un ton particulier au film que l’on a, de ce fait un certain mal à cataloguer dans un genre précis. Ce n’est bien sûr pas la seule qualité intrinsèque du film qui réunit un certain nombre de valeurs sûres  du cinéma français. A la réalisation, on retrouve Georges Lautner, dont la réputation n’est plus à faire depuis « Les tontons flingueurs » et qui avait déjà dirigé Bébel dans « Flic ou voyou ». Il est secondé, encore une fois, par Michel Audiard pour les dialogues et le scénario. Ce dernier est en fait une adaptation du roman de Patrick Alexander « Mort d’une bête à la peau fragile » qui est finalement moins connue que le film. Audiard reste toujours aussi efficace en ce qui concerne les dialogues acérés que les films français actuels ont décidément bien du mal à retrouver. Du côté des acteurs, peu sont connus du public actuel bien qu’ils aient été eux aussi des piliers du cinéma français de l’époque. Face à Belmondo, on retrouve Michel Beaune, second couteau notoire et grand ami de Bébel avec qui il tourna pas moins d’une douzaine de films, dans le rôle d’un agent ami de Joss mais obligé d’aider à le traquer, Bernard-Pierre Donnadieu en homme de main brutal et qui sert de putching-ball à Bébel (un rôle à similaire à celui qu’il a eu dans « Le corps de mon ennemi »), Jean Desailly, récemment décédé, en ministre d’état. Mais surtout, on retrouve Robert Hossein, immense acteur de cinéma et de théâtre et metteur en scène qu’on ne présente plus, impérial dans le rôle de Rosen, agent spécial rival de Joss, cynique et implacable et qui finira par affronter ce dernier dans un duel au revolver qui sent bon le western. A propos de western, la BO du film, notamment la musique d’introduction, est signée par Ennio Morricone, bien connu pour avoir réaliser les musiques des westerns spaghettis de Sergio Leone. Une musique très différente de ses précédentes compositions et qui accentue encore l’aspect dramatique et mélancolique du film. Un film à l’ambiance ambiguë où l’on ne renonce pas complètement au mythe Bébel (de fait, ce dernier continue de donner de sa personne dans des cascades spectaculaires et pratique toujours un humour non chaland) mais où ce dernier commence néanmoins à prendre du recul. Un film un peu à part dans la filmographie de Bébel et qui annonce déjà un certain nombre de ses rôles à venir dans la même optique (« Itinéraire d’un enfant gâté », « L’inconnu dans la maison », « Les misérables »). Ajoutons à cela une vision sans complaisance des régimes africains, sévère et réaliste, qui frôle parfois le politiquement incorrect et nous voyons là réunies toutes les raisons d’apprécier un film français encore classique dans la forme mais intemporel dans le fond. Encore une fois, il semble impossible de le cataloguer dans un genre précis tant il semble participer de plusieurs genres bien distincts (polar, mais aussi comédie, drame humain, politique fiction). C’est sans doute ce qui fait son charme en plus de sa singularité.

En conclusion, un excellent classique, à voir ou revoir, entre « Les tontons flingueurs » et « Les barbouzes ».

Raspail @ juillet 5, 2008

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