Le Sénat contre les langues régionales
Le Sénat a rejeté une des propositions voulues par l’UMP lors de la réforme des institutions. La proposition consistait à inscrire dans la constitution que les langues régionales “appartiennent au patrimoine culturel de la France. » Sur un avis de l’Académie Française, le Sénat est revenu dessus, provoquant des réactions dans toute la classe politique. Le président du conseil régional d’Alsace et Rachida Dati se sont exprimés sur ce sujet. Robert Badinter et Jean-Luc Mélenchon ont voté contre cette proposition, comme beaucoup de députés de gauche.
Le problème vient d’une définition du patrimoine. “Pourquoi ne pas y classer aussi les monuments historiques ou même la gastronomie, que certains verraient de surcroît au patrimoine de l’humanité? Voire la potée auvergnate?” ironies Michel Charasse. Patrice Gélard, député UMP, déclare : “Je ne sais pas très bien ce qu’est le patrimoine national. Cette notion est tellement floue qu’on pourrait bien inscrire demain dans la Constitution la franc-maçonnerie, le christianisme et les cathédrales, qui font aussi partie de notre patrimoine.” Ce ne serait pourtant pas une mauvaise idée.
Les députés bretons, corses, alsaciens et basques ont fait chorus avec des associations régionalistes pour exprimer leurs positions. On s’en doute, comme le dit l’article du JDD, la diversité est source de richesse culturelle. J’ai déjà pu m’expliquer sur la diversité. Cette proposition revient de surcroît sur l’une des règles essentielles de la République Française : « La langue de la République est le français. » Ce principe inspira nos députés des années 1880 dans leur lutte contre les régionalismes et pour l’unité républicaine. Ces régionalismes ont d’ailleurs quasiment disparu. Et les folklores sont considérablement altérés. Ce vote constitue donc le retour d’une république française, unitaire et jacobine. L’Académie Française avait dénoncé cette proposition parce qu’elle portait « atteinte à l’identité nationale ». Identité nationale ? Depuis combien de temps n’avions-nous pas entendu ce mot dans la bouche de ceux qui décident ? Même la gauche laïque s’y met. L’Union Européenne a vraiment du souci à se faire.
Cette proposition provient d’une mesure européenne, la charte européenne pour les langues régionales ou minoritaires. Le gouvernement, qui l’a reconnu, ne pouvait donc passer outre lorsqu’il réforme les institutions. Mais si l’Allemagne n’a aucun problème à reconnaître cette charte puisque moins de 5% de sa population ont une autre langue maternelle que l’allemand, la France connaît des difficultés plus importantes : ce sont 15% de sa population qui sont concernés par cette charte. Cette proportion peut affecter l’unité nationale. C’est pourquoi elle a attendu si longtemps avant de la ratifier. Le vote du Sénat est un retour de bâton.
Car la République française s’est construite sur cette cohérence nationale, sur le français et à partir de Paris. Elle l’a fait pour détruire un ordre ancien dont le dénominateur commun était le roi. Revenir dessus, c’est remettre en doute la pertinence de ce qu’ont fait nos députés du XIXe siècle. Il ne saurait en être question.
Autrement dit, par ce vote, la république s’oppose à l’Union Européenne qui, comme je le disais précédemment, se veut proche des peuples.
Didyme @ juin 19, 2008




Foutu jacobinisme….
MAIS OUI C’EST BIEN, C’EST BEAU LES LANGUES REGIONALES !
Reconnaître les langues régionales n’est en rien une opposition à notre langue nationale, au contraire : c’est un élément fondateur de notre “Identité nationale” censée être promue par le gouvernement de M. Fillon !
Badinter a voté comme l’Académie. Ayant fait interdire de couper les têtes il se contentera d’arracher les langues.