La précocité, échec de l’égalité naturelle
Education/instruction, Zoom sur...
Avoir son bac à 14 ans est encore aujourd’hui une marque d’intelligence précoce, mais constitue surtout un aveu d’incompétence du système scolaire, incapable d’élever le niveau. Le Figaro voudrait laisser croire que l’Education Nationale peut encore former des génies et qu’elle participe à la construction de sa personnalité en respectant ses talents. Les exemples de précoces épanouis ne manquent pas ; le journal pourrait presque nous faire croire qu’ils s’épanouissent (”Preuve qu’on peut avoir 15 ans en maths spé et être un ado presque comme les autres, il est même tombé amoureux”
. Être comme les autres de math spé implique d’être amoureux. Je plains les célibataires).
Le tableau que nous peint Le Figaro cache beaucoup de souffrances, car les précoces éprouvent souvent des difficultés sociales importantes. Ne pouvant donner de sens à leur différence, ils ne parviennent pas à s’intégrer. Trop mûrs pour ceux de leurs âges et jeunes pour ceux de leurs maturités. Constamment tiraillés entre deux extrêmes, ils sont plus facilement sujet aux psychoses, à la dépression et au suicide. L’échec scolaire est très présent parmi eux, contrairement à ce que l’on pense. Hypersensibles, ils peuvent aussi développer des mécanismes de défense qui les pousse à la manipulation et au rejet de toute affection, phénomène que l’on appelle le “surdon défensif”. Autant de souffrances dont le site précoce.org se fait parfois l’écho.
La thèse de Bénédicte Garreau Kernen exprime les besoins de flexibilité, de compréhension et de différenciation qu’ont les précoces. Tout ce que l’Education Nationale, dans sa logique unitaire-égalitaire ne peut réaliser. Elle a donc recours à des instituts spécialisés ou au secteur privé. En contradiction avec sa vocation “d’école de la république” chargée d’enseigner l’égalité à des enfants qui ne sont pas égaux et qui le savent. Encore faut-il que sa myopie égalitaire ne l’empêche pas d’identifier les enfants précoces.
Didyme @ juin 11, 2008







“enfants précoces”. Quel terme étrange quand on en vient à parler de ces gosses dont le QI dépasse les 130. Quand ils seront adultes que dirons nous ? Adultes “précoces” ? Quant aux années d’avance, passées deux, l’exercice tient de la haute voltige. Mais comment rassasier la soif de questionnement d’un enfant et éviter qu’il ne cesse de travailler à l’école, profitant de son intelligence pour assouvir sa paresse ? Paresse qui, quelques années plus tard, le mène paradoxalement vers l’échec scolaire…
Je fais parti de cette catégorie des “enfants précoces”. Et l’école publique a été un véritable calvaire jusqu’au bac. Entre mes camarades de classes qui avaient parfois jusqu’à 6 ans de plus que moi (double redoublement) et qui me tabassaient régulièrement, et les profs gauchistes qui voulaient me faire redoubler malgré mes 18 de moyennes générales car “je ne m’étais pas adapté à ma classe et à l’esprit de camaraderie”, je ne me suis jamais senti à ma place là bas. Charmant tableau auquel il faudrait rajouter que mes parents, étant de tendance socialo-athéiste, ont toujours refusé que j’aille dans le privé et que je fasse du scoutisme.
C’est peut-être pour ça qu’aujourd’hui je suis un lecteur assidu d’e-deo, alors que rien ne m’y prédisposait. ^^