Délinquance et déterminisme socialisant
La délinquance est en hausse importante dans le quartier du Mirail, plus particulièrement du côté de la fac. Rien de neuf sous le soleil, me direz vous. Mais ce qui m’étonne ou m’interpelle, ce sont les réactions des autorités ou des associations.
Scène d’une violence quotidienne : “Ce lundi, deux nouvelles agressions se sont produites dans la rue qui relie l’université à la station de métro et sur la dalle devant la poste. Peu avant 19 heures, une étudiante s’est fait arracher son ordinateur portable. Les policiers, présents dans le secteur, ont pris en chasse les agresseurs jusqu’à Reynerie, cheminement Poulenc exactement, où la course-poursuite s’est achevée par un caillassage en règle. Une trentaine d’individus ont encerclé la voiture des fonctionnaires qui a subi plusieurs impacts. Les policiers ont dû tirer au flash ball pour se dégager.”
Un autre paragraphe, “Volée trois fois en 10 mn”, décrit l’expérience d’une étudiante de 25 ans, appellée par sa mère sur son portable. Elle s’assied, reçoit un coup par derrière, lâche son portable, qui est alors dérobé par l’agresseur. Avant de courir derrière l’agresseur, elle laisse son sac à dos. Elle le retrouve sans son sac à main. Après avoir essuyé de nombreux refus, une autre étudiante accepte de lui prêter son portable…qui est volé à son tour…
L’article précise que seules les filles ou les femmes se font volées ou agressées. Et bien sûr, elles sont traitées de tous les noms. Le plus grave étant que personne n’intervient. De nos jours, tout ceci est classique.
Ce qui m’étonne le plus, et m’agace beaucoup, ce sont les réactions au déploiement de policiers dans le quartier. Je sais bien que guérir n’est pas prévenir et que la force ne résoudra pas les problèmes. Mais que disent les associations ? “Alertée, la police a mené diverses opérations, notamment en investissant les abords de la fac, ce qui a été peu apprécié par le Réseau université sans frontières, une association étudiante, et les syndicats qui y ont vu une chasse aux sans papiers.” Réseau université sans frontières et les syndicats se préoccupent plus des sans-papiers délinquants que des étudiantes en danger. Pour eux, l’autorité policière est suspecte. Pour eux, la force légitime est toujours biaisée : elle répond plus à des impératifs idéologiques fixés en priorité par l’Etat (”chasse aux sans-papiers”) qu’à des nécessités locales. Et son intervention ne peut être que négative.
Le président de l’université réclame un aménagement de l’accès à la fac, pour que la sécurité soit garantie. Les solutions proposées sont donc des aménagements urbanistiques, des déploiements policiers ou le laissez-faire des associations étudiantes. Toujours des aménagements de circonstances !!! Toutes ces solutions sont le fruit verreux d’une conception socialisante de la sécurité. Des socialistes pour qui les causes principales de la délinquance sont les circonstances dans lesquelles vivent les délinquants. Ils ne sont pas coupables en eux-mêmes, ce sont les circonstances, les conditions de vie et la misère de leurs familles qui les poussent à agir ainsi. Les pauvres n’y sont pour rien, nous disent-ils. Si on ne les avait pas mis dans des guettos dans les années 70, on n’en serait pas là, affirment-ils. Mais qui a construit des HLM insalubres, empêchant ainsi les immigrés d’accéder à la propriété ? des municipalités socialistes en sont à l’origine, et les socialistes ont été les premiers à mettre en avant le modèles des HLM, que la droite a ensuite adoptée.
Alors que pour la droite traditionnelle, l’individu était jugé responsable de ses actes (on remarquera que ce fait est la base de la justice et des sentences qu’elle énonce), la gauche prétend que ce sont les conditions, ou les circonstances sociales, qui font les actes. La gauche croit au déterminisme social. “Vous êtes né ouvrier ? Vous devez vous révolter…Vous êtes né dans les quartiers sensibles ? Je comprends pourquoi vous êtes violent…” Pour les médias et les têtes pensantes du pays, le fait que les délinquants soient de plus en plus jeunes ne signifie plus que nous sommes incapables de leur enseigner un modèle et des lois, cela signifie simplement que la misère sociale des banlieues est plus grande… Et que l’Etat doit changer tout ça ! Du coup, prisonniers de ce déterminisme, les minorités des banlieues font ce pourquoi on s’interesse à eux : la violence. Mais, désireux de ne pas passer pour des violents, ils réclament de ne pas être identifié à la violence, s’opposant donc au déterminisme. Ce sont là les contradictions du déterminisme socialisant qui prétend que l’individu est innocent et que ce sont les circonstances qui créent la violence. Il n’y a pas de coupable, puisque tous sont innocents…Ou plutôt il y a un coupable idéal, suffisament vaste et immatériel pour être accusé, l’Etat. L’Etat gourverne la société ; il doit donc faire en sorte que les conditions sociales s’améliorent. Comment le peut-il, sachant qu’il adopte des conceptions qui relèvent du socialisme, et qui ont produit ces délinquants ?
Le cercle vicieux est engagé. Et quand cette association étudiante Université sans frontières critique la police, il le font pour attaquer des représentants de l’Etat, jugé coupable avant que les délinquants ne le soient.
Cette vision s’oppose au christianisme et à la plus élémentaire justice. Dans le christianisme, le Christ a racheté les fautes de l’humanité par sa mort et sa résurrection, mais il appartient au chrétien de faire son propre salut par amour du Christ. Car il sait qu’il sera jugé sur ses actes, c’est-à-dire sur sa responsabilité, sur l’usage qu’il aura fait de sa liberté. Par analogie, la justice institutionnelle n’est qu’un pâle reflet de la justice divine. La justice matérielle organise la cité en préludant que la personne est responsable.
Le problème de la justice actuelle, à tendance socialiste, est qu’elle ne peut réconcilier la vision déterministe et circonstancielle des faits avec le responsabilité individuelle des personnes. Contre la délinquance, elle va donc d’échecs en échecs, consacrant son discrédit et celui de la société française aux yeux de tous.
Didyme @ avril 9, 2008






